Suisse: Journée mondiale de l’alimentation (151090)
Berne, 15octobre(APIC) "La nourriture pour l’avenir" est le thème de la
Journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre 1990. Dans un communiqué
de presse commun, la Déclaration de Berne et les sept oeuvres suisses d’entraide (Action de Carême, Caritas, Entraide ouvrière suisse, Entraide protestante, Helvetas, Pain pour le Prochain et Swissaid) veulent attirer
l’attention de l’opinion publique sur la diminution croissante de la diversité des ressources alimentaires dans le monde. Elles appellent au respect
d’un principe fondamental reconnu à l’échelle internationale, à savoir que
les semences font partie de l’héritage commun de l’humanité et qu’elles ne
doivent pas être l’objet de brevets.
La journée mondiale de l’alimentation est célébrée chaque année le 16
octobre par la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture. Les organisations tiers-mondistes sont préoccupées par le
fait qu’aujourd’hui 95% de l’alimentation provient de 30
espèces de plantes seulement.
Le fondement même de l’alimentation mondiale est sérieusement menacé par
la disparition de la diversité des plantes. Autrefois, nos ancêtres semaient dans leurs champs de nombreuses sortes de plantes. Cela leur garantissait toujours, en cas de conditions atmosphériques défavorables, un minimum
de rendement. Pour augmenter ces rendements, l’agriculture moderne doit
payer un lourd tribut: la perte de ressources alimentaires diversifiées et
de leur simplicité originelle ainsi qu’une dépendance accrue envers l’agroindustrie.
Le développement de nouvelles semences, poursuit le communiqué des oeuvres d’entraide, implique un coût financier toujours plus élevé. Il suppose
aussi que la production de semences se concentre dans les mains d’un nombre
toujours plus restreint de multinationales.
Le GATT est soumis actuellement à des fortes pressions pour privatiser
les êtres vivants (bactéries, animaux, végétaux) par un système de brevets.
La privatisation du vivant aggrave sans aucun doute la dépendance des paysans et du tiers monde envers les firmes productrices de semences. L’actuelle révision de la loi fédérale sur les brevets d’invention va dans le même sens.
Or ce sont d’abord les pays du tiers monde qui ont gratuitement mis le
matériel génétique (plantes sauvages) à disposition des banques internationales de gènes pour en améliorer la qualité. Avec le système du brevet, ces
mêmes pays devraient payer des droits pour obtenir des semences transformées par génie génétique dans les pays du Nord. Une transformation obtenue
pourtant grâce à leurs propres semences.
Les organisations d’entraide et d’information pour les problèmes de développement demandent donc au Conseil fédéral de renoncer à l’actuelle révision de la loi sur les brevets d’invention. Elles demandent aussi à la
délégation suisse au GATT de se prononcer contre la privatisation des êtres
vivants. Elles exigent avec insistance que l’on reconnaisse les semences
comme faisant partie du patrimoine commun de l’humanité. Si l’on en vient à
breveter les êtres vivants, on porte atteinte profondément à une vision éthique du monde, basée sur le respect de la vie et de la création. (apiccom/ba)