Suisse: introduction de la pilule abortive RU 486 (190892)
Fribourg, 19août(APIC) Les évêques suisses disent clairement non à l’introduction en Suisse de la pilule abortive RU 486, "car elle cause directement la mort des innocents". Réagissant mercredi à la pétition de 1’000 médecins suisses demandant que la RU 486 soit disponible aussi en Suisse, la
Conférence des évêques suisses (CES), par la voix de son président Mgr
Pierre Mamie, condamne cette méthode qui tue l’enfant à naître "au moment
même où il a commencé de vivre dans le sein de sa mère".
"Nous disons oui à tous ceux et à toutes celles qui avec nous veulent
respecter et protéger la dignité de l’enfant, dans les pays de l’ex-Yougoslavie, en Somalie, partout dans le monde et aussi là où la vie de l’enfant
prend sa source", écrit l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Et de
poursuivre: "Nous disons oui à tous ceux et à toutes celles qui veulent
partager et écarter la détresse des femmes abandonnées ou qui sont mal aimées. Mais nous ne disons pas oui à n’importe quel moyen ou méthode qui
s’opposerait à la conception de l’enfant (...)".
Le président de la CES conclut ainsi: "C’est pourquoi nous disons non à
tous ceux et à toutes celles, et d’abord aux médecins, qui demandent que
chez nous en Suisse, la pilule RU 486 soit autorisée, commercialisée et
utilisée. Car elle cause directement la mort des innocents".
La presse a annoncé la semaine dernière que plus de 1’000 médecins suisses avaient signé une pétition réclamant l’introduction de la RU 486 en
Suisse. C’est le professeur Heinrich Stamm, ancien médecin-chef de l’hôpital cantonal de Baden (AG), qui est à l’origine de cette initiative qui demande au fabricant de déposer une demande d’enregistrement pour la Suisse à
l’Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM).
L’Eglise s’engage en faveur du droit à la vie de l’enfant à naître. Même
si elle condamne l’interruption volontaire de grossesse, et par conséquent
la pilule abortive, elle insiste sans cesse pour que les femmes enceintes
en situation difficile soient davantage aidées et que la société dans son
ensemble soit rendue plus accueillante pour les enfants.
Vifs débats dans de nombreux pays
Depuis son invention, la pilule abortive RU 486 a suscité de vifs débats
tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Testée à Lausanne et à Genève en 1988,
elle a été retirée du marché suisse. Elle est actuellement disponible en
France et depuis peu en Angleterre. Les épiscopats de nombreux pays, le Vatican ainsi que les mouvements pour la vie ont condamné ce nouveau moyen
d’interruption volontaire de grossesse. En juin 1991, la Congrégation romaine pour l’éducation catholique a adressé une note aux évêques du monde
condamnant ce procédé qui tend à banaliser l’avortement.
La pétition des médecins suisses argumente à partir des qualités médicales du produit "permettant non seulement un avortement complet et sans risque d’infection", mais pouvant aussi être utilisé notamment dans des cas de
cancers du sein. Il constitue, selon les pétionnaires, "un progrès puisqu’il peut être utilisé assez tôt, dans les 5 ou 6 premières semaines de la
grossesse". Selon la pétition, plus de 100’000 avortements en France,
c’est-à-dire un sur trois, ont été effectués par ce moyen.
L’introduction de la RU 486 exige un "consensus social"
A Zurich, au siège suisse de Hoechst-Pharma AG, on relève qu’il n’est
pas du tout sûr que la RU 486 soit un jour introduite en Suisse, "faute de
consensus dans la société". Le fabricant français de la RU 486, RousselUclaf, dont Hoechst est l’actionnaire majoritaire, est également dans l’expectative. Zurich organise un forum pour recueillir les arguments des partisans et des adversaires de la RU 486. Ce seront les sièges respectifs des
deux entreprises, à Francfort et à Paris, qui prendront la décision "après
une réflexion approfondie". (apic/be/mp)