Suisse: Interdiction absolue de toute expérimentation animale ? (280293)
Fribourg, 28février(APIC) Les professeurs ordinaires des branches médicales de base à l’Université de Fribourg "rejettent fermement" l’initiative
visant à interdire toute expérimentation animale et qui sera soumise au vote populaire le 7 mars prochain. Dans une prise de position publiée par le
service de presse de l’Université, les professeurs de Fribourg estiment que
la médecine humaine, "telle qu’elle est pratiquée dans notre civilisation,
ne peut pas se développer sans expérimentation animale".
Pour la 3e fois en 8 ans seulement, notent les professeurs, le peuple
suisse est appelé à voter à propos d’une initiative sur l’expérimentation
animale alors que la précédente, notablement plus modérée, avait été
rejetée en février 1992. D’autre part, le comité initiateur a libellé son
initiative "Médecins pour l’abolition de l’expérimentation animale".
Ce titre, de l’avis des professeurs, induit en erreur car en aucun cas
cette initiative ne reflète la position des médecins suisses. Au sein du
comité d’initiative, on ne trouve d’ailleurs que deux médecins, à savoir un
généraliste et un vétérinaire. Ils rejettent fermement cette initiative qui
se base, soulignent-ils, sur des affirmations erronées: les initiateurs déclarent en fait que l’expérimentation animale est dommageable pour l’être
humain et que la médecine doit progresser sans elle, car les résultats obtenus ne peuvent en aucun cas être appliqués à l’être humain. L’initiative
exige de plus qu’après son acceptation, toute expérimentation animale soit
suspendue avec effet immédiat sous peine de sanctions pénales.
Les professeurs de Fribourg, qui affirment soutenir tout ce qui tend
réellement à protéger les animaux, estiment que des mesures légales ont déjà été introduites dans ce sens et qu’elles ont grandement contribué à améliorer la situation en Suisse ces dix dernières années. Ils relèvent la nécessité de poursuivre l’expérimentation animale, vitale pour la recherche:
"les cultures cellulaires, les modèles pathologiques, les expériences sur
l’animal de même que l’expérimentation humaine forment les bases de la médecine moderne".
Et de conclure que les branches scientifiques qu’ils doivent enseigner
aux futurs médecins concernent la structure et la fonction de l’organisme
vivant, depuis les systèmes qui le composent jusqu’aux structures et aux
fonctions moléculaires. "Ces sciences ne peuvent subsister sans expérimentations animales soigneusemente dirigées". (apic/com/be)