Suisse: Indignation face à l’expulsion d’un Tamoul (220890)
Lucerne, 22août(APIC) "Actuellement, la vie de tous les jours au Sri Lanka est rendue plus difficile par les combats qui opposent les troupes gouvernementales aux "Tigres" (LTTE/Liberation Tigers of Tamil Eelam). Partout
sur l’île, la vie de la population tamoule est menacée", assure une personne de confiance de Caritas suisse. Elle lance un appel aux autorités helvétiques afin qu’elles renoncent, du moins pour l’instant, au rapatriement de
requérants d’asile tamouls.
La personne qui préfère conserver l’anonymat, travaille dans la péninsule de Jaffna, le fief du LTTE, dans le domaine socio-médical. Elle explique: "Tous les espoirs ont été anéantis après le 11 juin, le jour où les
combats entamés par le LTTE ont à nouveau éclaté; entre-temps, la situation
s’est encore aggravée. Dans le nord-est de l’île, plus d’un demi-million de
personnes ont dû fuir la guerre civile pour sauver leur vie. Les combats
ont fait des milliers de victimes parmi la population civile. L’armée a
lancé des bombes sur Jaffna qui répandaient une mauvaise odeur et provoquaient des vomissements. Le territoire autour du fort - la seule base de
l’armée sur la péninsule de Jaffna à part l’aéroport - a été bombardé par
la force aérienne sri lankaise dans un rayon d’environ un kilomètre sans
aucun ménagement de la population civile. En guise de riposte, à l’Est le
LTTE a massacré au hasard des paysans cinghalais lors des combats en retraite".
Le fanatisme est à son comble
L’escalade de la violence a conduit dans le Nord des centaines, voire
des milliers de jeunes, fanatisés, à se joindre au LTTE. Dans le Sud du
pays, par contre, des adolescents ont été contraints de s’enrôler dans le
LTTE. L’interlocuteur de Caritas témoigne: "Trois jeunes femmes tamoules
qui travaillaient avec moi ont pris le maquis en juillet dernier en laissant une courte lettre d’explication. Je connais personnellement un garçon
qui a été enlevé à Colombo et conduit à Jaffna où il devait être formé dans
un camp du LTTE. Il a pu échapper et m’a raconté comment se déroule cette
formation. D’abord, on convainc les enfants que la mort les tient; ensuite,
on leur dit qu’ils n’ont plus besoin de leurs parents; et finalement, on
montre à ces futurs combattants des films sur les atrocités commises par
les troupes gouvernementales".
L’interlocuteur de Caritas Suisse rapporte encore: "En juillet, la police et l’armée ont poursuivi systématiquement les jeunes Tamouls. Plusieurs
d’entre eux ont disparu et l’opinion publique n’a plus jamais entendu parler d’eux. En plus, la population elle-même, cinghalaise dans sa grande majorité, soupçonne tous les Tamouls d’être des rebelles Tigres".
La personne de confiance de Caritas suisse est outrée par l’expulsion
d’un requérant d’asile tamoul de la part des autorités helvétiques, le 18
juillet dernier: "Les Tamouls qui rentrent au Sri Lanka aujourd’hui sont
naturellement tous pris pour des rebelles du LTTE par les autorités. A Colombo, ils n’ont aucune chance de passer inaperçus; ils sont donc obligés
d’aller vivre au nord-est, où règnent la guerre et la dévastation. Je lance
un appel aux autorités suisses, afin qu’elles renoncent, provisoirement, au
rapatriement des requérants tamouls". (apic/com/gar)