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    Une difficile épreuve psychologique

    Suisse: femmes et enfants de l’ex-Yougoslavie en Suisse (120293)

    Suisse, 12février(APIC) Le moral des femmes bosniaques réfugiées en Suisse baisse à mesure que leur séjour se prolonge. Les enfants par contre se

    débrouillent mieux. C’est ce que constate une enquête de l’Organisation

    suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) effectuée dans 17 centres d’accueil.

    L’OSAR tenait conférence de presse vendredi à Zurich.

    Aux plans du personnel et des moyens financiers, l’aide aux réfugiés se

    trouve à la limite inférieure, déclare Maja Wicki, coordinatrice de l’action "1000 enfants de Bosnie". Il serait nécessaire d’engager des psychologues pour s’occuper des traumatismes psychologiques des enfants. La réduction de 40 francs à 10 francs du forfait journalier pour l’aide sociale aux

    réfugiés décidée par l’Office fédéral des réfugiés est insoutenable, estime

    l’OSAR. En effet, l’accompagment de ces réfugiés occasionne des difficultés

    particulières causées par le manque d’information quant aux possibilités de

    retour dans leur patrie et les inconnues concernant les perspectives de séjour à long terme en Suisse.

    Depuis août 1992, un millier d’enfants et de femmes des régions de Bosnie en guerre ont trouvé refuge dans les centres d’accueil des oeuvres

    d’entraide dans divers cantons. L’action était conçue comme un séjour de

    vacances de trois mois. En raison de la situation en ex-Yougoslavie, la

    Confédération a autorisé collectivement la prolongation du séjour en Suisse. Cette autorisation doit être renouvelée tous les six mois.

    L’enquête réalisée dans les 17 centres d’accueil à fin 1992 montre que

    les femmes qui accompagnent les enfants perdent leur courage et leurs perspectives d’avenir avec la prolongation de leur séjour. Souvent les troubles psychologiques s’accompagnent de troubles physiques. On constate dans

    la plupart des cas une grande passivité et parfois un manque d’intérêt pour

    leurs enfants. L’OSAR situe les causes de ce malaise dans la peur de l’avenir, les expériences de la violence, les craintes, les deuils, le manque

    d’information concernant leurs proches, l’isolement et les rapports humains

    difficiles dans les centres. Les femmes préfèrent cependant être ensemble

    dans des centres que dans des familles d’accueil. Selon l’OSAR il n’y a que

    peu de cas de tensions graves entre les femmes. La séparation d’avec leur

    maris pèse cependant lourdement.

    Les enfants après quelques difficultés initiales s’adaptent mieux à leur

    pays d’accueil. Beaucoup souffrent cependant de sévères troubles psychiques. Leurs problèmes intérieurs se manifestent par des troubles du sommeil, par une aggressivité et par une incapacité à demeurer tranquille ou à

    maintenir un certain ordre. Pour les enfants, un programme journalier et

    scolaire est prévu afin de leur permettre une nouvelle orientation. Maja

    Wicki a cité de nombreux cas de bonne intégration des enfants dans la vie

    communautaire soit par l’école, par le sport ou au sein de groupes de jeunes. La coordination droit d’asile zurichoise offre à une cinquantaine de

    jeunes des possibilités d’apprentissage dans diverses professions. (apicgs/mp)

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