Suisse: faut-il soumettre la population au test anti-sida ? (081190)
Berne, 8novembre(APIC) 61% des Tessinois, 50% des Romands et 39% des
Suisses alémaniques aimeraient que l’on soumette au test anti-sida l’ensemble de la population suisse afin d’endiguer l’épidémie, révèle un sondage
effectué par le Département des oeuvres sociales du Tessin rendu public
mercredi à Zurich dans le cadre du Symposium " SIDA et secret médical" organisé par la Société suisse d’éthique biomédicale (SSEB). Selon ce sondage, 27% des italophones contre 9,7% des francophones et des germanophones
seraient même d’avis de soumettre au test anti-sida tous les nouveaux employés d’une entreprise.
Les femmes sont plus sensibles que les hommes à la nécessité d’informer
les parents des élèves lorsqu’une classe est fréquentée par un enfant séropositif: 83,5% des hommes qui ont entre 20 et 29 ans s’y opposent contre
65% des femmes de la même tranche d’âge.
Les conférenciers invités par la SSEB - présidée par le théologien
catholique Alberto Bondolfi à Zurich - sont unanimes à déclarer que le secret médical doit être préservé à l’égard des malades du sida, cette affection provoquant un conflit entre les intérêts du patient et ceux de la société. Une relativisation du secret médical - affaibli par la diversification du travail médical et le rôle croissant des assurances maladie et vie
dans ce domaine - aurait des conséquences graves au niveau de la confiance
sociale et provoquerait chez les patients, estiment les conférenciers, le
sentiment que la société leur est hostile.
"On ne doit pas jouer avec la confiance de la population. L’existence de
cette confiance a un effet préventif", a déclaré Alberto Bondolfi jeudi à
l’agence APIC. Il a ajouté: "Si la possibilité existe de respecter aussi
bien l’autonomie du patient que le bien-être général, il faut adopter cette
variante". (apic/mb/cor)