Une campagne pour expliquer le financement des activités suprarégionales
Zurich, 13juillet(APIC) Même les personnes très engagées dans l’Eglise
n’ont souvent que des connaissances très rudimentaires sur le financement
des activités suisses ou supra-régionales de l’Eglise catholique. La Conférence centrale catholique romaine suisse (CCCRS) et l’Action de Carême
viennent de lancer une large campagne d’information intitulée "Eglise solidaire 92". Une petite brochure répond aux principales questions: D’où viennent les fonds? Qu’est-ce qui est financé? Qui décide de leur distribution?
Depuis quelques années le financement de ces activités importantes pose
de plus en plus de problèmes. Les Eglises cantonales doivent être amenées à
approuver pleinement la collaboration au delà des frontières régionales
linguistiques ou diocésaines. Le subventionnement des activités supra-régionales dépend encore dans une large mesure des résultats de la collecte
de l’Action de Carême qui consacre actuellement un tiers des fond récoltés
à des tâches pastorales en Suisse. Mais à terme, l’Action de Carême souhaite se consacrer entièrement aux tâches d’aide au développement et de la
mission. Dès 1993, l’Action de Carême ne versera plus qu’un quart de ses
fonds pour la Suisse. C’est la Conférence centrale catholique romaine de
Suisse (CCCRS) qui est appelée à prendre le relais. Cette Conférence créée
en 1972 tire ses fonds des contributions directes des diverses Eglises cantonales. Sur le total des subventions 1991, qui se monte à 7’131’500
francs, 3’976’000 francs ont été versées par l’Action de Carême et
3’155’000 francs par la CCCRS.
Des activités très nombreuses et variées
Les institutions et oeuvres supra-régionales qui travaillent au service
de l’Eglise en Suisse forment cinq groupes principaux: la formation, les
organes dirigeants de l’Eglise, les médias, l’apostolat des laícs et les
divers mouvements ainsi que la recherche pastorale.
Parmi les centres de formation, on peut retenir l’Institut de théologie
pastorale de l’Université de Fribourg, les Instituts catéchétiques de Lucerne, Coire et Fribourg, la troisième voie de formation à Coire et à Lucerne.
Au niveau des organes dirigeants de l’Eglise, il s’agit de la Conférence
des évêques suisses, de son secrétariat et de ses diverses commissions.
Dans le domaine des médias, le caractère plurilingue de la Suisse impose
l’existence d’au moins trois offices des médias, un en Suisse alémanique,
un en Suisse romande et un au Tessin. Ces offices travaillent en étroite
collaboration avec les chaînes de radio et de télévision. L’Agence de presse internationale catholique APIC/KIPA fournit chaque jour en français et
en allemand un service de nouvelles sur la vie de l’Eglise en Suisse et
dans le monde. De nombreuses autres institutions, comme en Suisse romande
le Centre international de reportages et d’informations culturelles (CIRIC)
à Lausanne, le Centre de documentation et de formation religieuses (CEDOFOR) ou encore l’Office catholique du cinéma bénéficient aussi de l’aide de
la CCCRS et de l’Action de Carême.
Les associations et mouvements de laïcs jouent un rôle important dans la
vie de l’Eglise en Suisse. Les contributions sont la plupart du temps
destinés aux secrétariats régionaux ou suisses de ces oeuvres, comme la
Ligue Suisse de femmes catholiques, Pro familia, le Kolpingwerk, la
Communauté romande de l’Apostolat des laïcs, les divers groupements de
jeunes ou encore les organisations internationales catholiques telles Pax
Christi et Pax Romana.
Enfin une série de subsides est destinée à divers instituts oeuvrant
dans le domaine de la réflexion et de la recherche comme la Commission
Justice et Paix ou l’Institut suisse de sociologie pastorale.
Augmenter la participation des Eglises cantonales
Une brève analyse permet de constater que les possibilités d’autofinancement de ces différentes institutions ecclésiastiques varient considérablement selon leur nature. L’attribution des subventions se fait par une
commission mixte composée de huits membres de la CCCRS et de huit membres
de l’Action de Carême qui se réunit deux fois l’an pour discuter de toutes
les demandes. En règle générale, ces institutions devraient de moins en
moins être financés par des dons mais plutôt par des contributions régulières des Eglises cantonales. C’est ce qui explique aussi le désangagement
progresssif de l’Action de Carême dont les quêtes sont essentiellement
orientées vers l’aide au développement et à la mission.
La campagne actuelle a pour but principal de faire augmenter les contributions des Eglises cantonales qui actuellement ne versent pas les montants
souhaités. Pour 1992, à cause de la baisse des recettes de l’impôt ecclésiastique, pratiquement aucune subvention n’a pu être augmentée, malgré le
renchérissement du coût de la vie. Au niveau des dépenses, il est donc nécessaire, en collaboration avec la Conférence des évêques suisses, de fixer
des priorités. Au niveau des recettes, il s’agit de renforcer le travail de
sensibilisation au niveau des Eglises cantonales ou des autres organismes
afin d’améliorer la solidarité au niveau national. (apic/mp)
La brochure "Eglise solidaire en Suisse 92" contenant l’ensemble des chiffres des subventions accordées est disponible auprès de la Conférence Centrale catholique-romaine de Suisse, Hirschengraben 66 8001 Zurich tél. 01/
251 77 85