Suisse: Dimanche des migrants - journée des peuples (11 novembre) (311090)
Fribourg, 31octobre(APIC) La migration est une réalité impossible à nier
aujourd’hui et tout porte à croire que ce phénomène va s’amplifier ces prochaines années. L’espace géographique dans lequel s’effectuent les migrations s’élargit et rapproche des mondes jusqu’ici étrangers. Le "Dimanche
des migrants - journée des peuples" qui se célébrera en Suisse le 11 novembre prochain sur le thème "Les migrants parmi nous: des valeurs à partager", devrait permettre de rapprocher davantage ces mondes composés d’une
mosaïque d’hommes, de femmes et d’enfants venus de partout en Suisse.
Selon les statistiques officielles, 1’040’325 étrangers vivaient en
Suisse fin décembre 1989. Pour nombre d’entre eux, les raisons qui les
poussent au déracinement sont économiques. Aussi ce dimanche devrait-il
constituer l’occasion d’une plus grande fraternisation entre des communautés qui se côtoient sans beaucoup partager tout au long de l’année ainsi
que d’un geste de solidarité avec les Eglises confrontées à d’autres problèmes liés à la migration.
Parler de migration, c’est soulever entre autres deux problèmes: celui
du migrant qui doit quitter son pays d’origine pour vivre, déraciné, dans
un monde très différent voire hostile; celui de la communauté d’accueil,
sensée s’ouvrir à cette différence. Reste que ces problèmes sont aussi
sources de richesse. D’une richesse que devrait procurer la découverte réciproque des valeurs des uns et des autres, notamment dans les domaines
culturel, social et religieux. D’où la signification du thème du prochain
Dimanche des migrants.
"Il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise"
Cette signification, les évêques suisses l’expliquent dans leur message
adressé aux fidèles à l’occasion de cette journée en écrivant: "Diversité
ne veut pas dire absence d’unité dans la même foi: ainsi dans l’Eglise,
dont les membres viennent de tous les horizons. En notre temps où l’afflux
des étrangers transforme profondément le visage traditionnel de nos communautés, c’est devenu une évidence: nos paroisses sont comme un miroir de
l’Eglise universelle". Mais, mettent en garde les évêques, le danger nous
guette toujours de ne pas accueillir les étrangers, de ne pas les accepter
de la même façon que les gens de chez nous, comme des paroissiens à part
entière: "Nous devrions pourtant nous rendre compte de l’enrichissement
qu’ils peuvent apporter à notre vie religieuse".
Jean Paul II est tout aussi catégorique en écrivant, dans son message
consacré à cette Journée célébrée un peu partout dans le monde à des dates
différentes, qu’il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise: "Le migrant catholique, où qu’il arrive, fait partie intégrante de l’Eglise locale. Il en
est membre effectif, avec tous ses devoirs et les droits que cela implique.
L’accueil que celle-ci lui réserve est un témoignange et un signe de sa
catholicité".
Une quête pour trois projets
Aujourd’hui, aucun pays européen ne peut ignorer le problème de la migration. Mais il n’y a pas que les politiciens qui doivent en faire leur
sujet de réflexion, elle est aussi un défi lancé aux Eglises, même si souvent celles-ci s’occupent des migrants avant même que les politiciens aient
pris des décision à leur sujet, relève pour sa part la Communauté catholique suisse de travail pour les étrangers et leurs problèmes (SKAF) qui,
comme les années précédentes, lance par une collecte une action de solidarité à l’occasion du Dimanche des migrants.
Trois projets en relation étroite avec la pastorale des migrants sont
proposés: une contribution de 60’000 francs pour l’Office ecclésial pour la
migration à Zagreb (Yougoslavie); 40’000 francs destinés à la Commission
épiscopale pour les migrants au Portugal; une contribution en faveur de
l’agrandissement d’une maison pour la formation des séminaristes de l’Ordre
franciscain à Mostar, en Yougoslavie. L’action de solidarité de l’an dernier avait permis de remettre 130’000 francs à la paroisse de Celje (Slovénie) pour la construction d’un Centre d’église.
La SKAF précise que la collecte du Dimanche des migrants n’est pas une
quête ordonnée par les évêques, mais une suggestion qui tient compte des
étrangers venant des pays en question et qui vivent et travaillent en
Suisse. Elle rappelle que les dons peuvent être versés au moyen de bulletins de versement au compte de chèques postaux 90-636-5, avec la mention
"Action de solidarité No 256’628.01 SKAF". (apic/pr)