Sévères critiques contre la FEPS
Le Lignon/GE, 19juillet(APIC) Dans une lettre ouverte datée du 11 juillet
adressée à la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), un
groupe de pasteurs suisses critique sévèrement la prise de position de la
FEPS concernant l’initiative "Pour une Suisse sans armée". Ils se déclarent
en faveur de l’initiative, par opposition à la FEPS qui, le 25 mai 1989,
avait pris position en se déclarant favorable au maintien de l’armée; ils
s’étonnent en outre du revirement opéré par la FEPS dans son deuxième document, contradictoire, selon eux, par rapport au premier publié peu de temps
avant.
Dans sa lettre signée par Michel Monod (Le Lignon), le groupe de pasteurs, qui écrit que la position de la FEPS "réduirait les partisans de
l’initiative à de doux et dangereux rêveurs", écrit au sujet du document
publié conjointement par la FEPS et la Commission Justice et Paix: "Nous
nous sommes réjouis de constater que vous mettiez le respect de la vie audessus de la défense à tout prix. Vous admettez cependant, disent les auteurs de la lettre en s’adressant à la FEPS, que certains chrétiens puissent faire encore confiance à l’armée dans la situation actuelle. Votre
position est donc nuancée et vous laissez en quelque sorte la liberté de
vote".
Le groupe de pasteurs voit dans la position prise par la FEPS communiquée dans son document du 25 mai un revirement et s’en étonne: "En fin de
compte vous recommandez donc de voter contre l’initiative". Selon les auteurs de la lettre, "Si l’Etat fait confiance aux armes pour maintenir
l’ordre, l’Eglise peut mettre sa confiance en Dieu afin de préserver des
vies humaines et les valeurs essentielles de pardon et d’amour".
Les pasteurs pour une Suisse sans armée concluent en écrivant: "Si vous
êtes fidèles à l’Etat qui se veut le reflet d’une opinion majoritaire dans
le pays à un moment donné, vous risquez dans la circonstance, d’être infidèles à Dieu pour n’avoir pas donné une parole forte en faveur de la paix
et d’être irresponsables devant les hommes et les femmes de ce pays dont
vous contribuez à mettre la vie en danger". (apic/spp/pr)