"La minorité athéiste impose son opinion à la
majorité chrétienne", estime le Père Roland Trauffer
Fribourg, 27septembre(APIC) Le jugement du Tribunal fédéral (TF), qui a
mis fin mercredi à une querelle datant de 1984 à propos des crucifix dans
les salles d’écoles en donnant raison à un libre penseur contre la commune
tessinoise de Cadro, a provoqué jeudi la réaction du Père Roland Trauffer,
secrétaire de la Conférence des évêques suisses (CES). Dans une déclaration
faite à l’agence APIC, le Père Trauffer se demande si "avec ce jugement, ce
n’est pas l’opinion d’une minorité, les athéistes dans ce cas, qui s’est
imposée à la majorité chrétienne".
S’exprimant à propos de l’avis du TF qui, par trois voix contre deux, a
estimé à Lausanne que la présence du crucifix dans une classe primaire
était contraire à la neutralité confessionnelle imposée aux écoles publiques par la Constitution fédérale, le Père Trauffer constate qu’il ne
s’agit pas là d’un problème entre l’Eglise et l’Etat. Selon lui, il convient de relativiser cette affaire dans la mesure où "elle touche à l’autonomie des communes". Elle est importante si l’on songe au fait qu’elle touche à la formation de la société dans laquelle nous vivons. Il déclare
néanmoins vouloir attendre les considérants sur lesquels se base le TF.
Le secrétaire de la Conférence des évêques suisses tient cependant à
faire remarquer que ses propos sont émis à titre personnel et qu’ils n’engagent en rien la Conférence. Pour lui, ce jugement est inquiétant dans la
mesure où il tend à faire accréditer l’idée "que notre société vit dans un
espace neutre. Ce qui n’est pas vrai", souligne avec fermeté le Père Trauffer. Et de relever: "Nous avons tous besoin de signes. On ne peut ignorer
le fait que notre société s’imprégne du christianisme". Si un symbole chrétien comme le crucifix, qui nous incite constamment à réfléchir sur notre
croyance n’est plus autorisé dans une école parce "qu’il viole la liberté
de croyance et de conscience", "on peut se poser la question de savoir si
les croix le long des chemins ne doivent pas disparaître et les cloches
s’arrêter de sonner".
Et le secrétaire de la CES de conclure: "Il y a vraiment deux poids et
deux mesures, car lorsque les catholiques se sentent offensés par des représentations blasphématoires, on se réfère pour les justifier à la liberté
de l’art ou d’expression". (apic/oe/pr)