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    Le défi de la diversité culturelle

    Suisse: Caritas se penche sur la société multiculturelle (170992)

    Lucerne, 17septembre(APIC) La xénophobie progresse en Suisse et un peu

    partout en Europe. Pour débattre de ce phénomène, quelque 270 personnes ont

    participé en début de semaine à un forum organisé à Lucerne par Caritas

    Suisse. Ce débat, consacré au difficile problème des relations entre une

    partie des Suisses et "certains" étrangers, a permis aux participants de se

    pencher sur la société multiculturelle, et de débattre du potentiel de conflits et du défi que représente la diversité culturelle en Suisse.

    Peter Schneider, de Zurich, a abordé le problème de la société multiculturelle du point de vue psychanalytique. Selon lui, l’identité relève de

    l’imaginaire collectif, d’une "perception corrompue" au sein de laquelle la

    connaissance et la méconnaissance de soi se superposent. "Si nous avons des

    difficultés avec les étrangers, c’est parce qu’ils nous ressemblent terriblement. Non seulement parce qu’ils désirent les mêmes biens que nous, mais

    aussi parce qu’ils sont autant étrangers à eux-mêmes que nous le sommes à

    nous-mêmes".

    Hans-Joachim Hoffmann-Nowotny, professeur à Zurich, a fait valoir le

    point de vue sociologique. "Nous devons nous préparer à une croissance continue des migrations au niveau mondial. Or que font les pays européens? Ils

    rendent plus restrictive leur politique d’asile dans le but de stopper

    l’exode massif des populations en provenance des pays pauvres".

    Il n’empêche que les étrangers affluent, "créant un potentiel de conflit. Pour désamorcer ce processus, il convient de tout faire pour intégrer

    les immigrants, surtout au plan économique". Pour ce qui est de la deuxième

    génération, "c’est l’intégration scolaire qui prime".

    Mme Cécile Bühlmann, conseillère pédagogique du canton de Lucerne pour

    les questions d’éducation interculturelle, constate pour sa part que les

    enseignants qui s’engagent en faveur des élèves étrangers se heurtent à

    l’hostilité grandissante de leur entourage. "Si bien que l’attitude de rejet à l’égard des immigrés tend à se propager au sein de notre système scolaire, où les enfants étrangers sont de plus en plus considérés comme un

    fardeau". Et Mme Bühlmann de conclure en se déclarant convaincue que l’école est un lieu privilégié pour vivre la convivialité interculturelle.

    (apic/com/pr)

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