Suisse: Caritas lance sa nouvelle campagne (261190)
Lausanne, 26novembre(APIC) Caritas Suisse a de la suite dans les idées.
Après sa campagne "Le désendettement: une question de survie", lancée conjointement avec les oeuvres suisses d’entraide qui a abouti en juin dernier
par le dépôt à Berne d’une pétition munie de 250’000 signatures, l’organisation catholique repart au front avec une campagne placée cette année sous
le slogan "La détresse a beaucoup de visages". Une campagne qu’elle a ouverte lundi à Lausanne en présentant un nouveau document: "Capital pour les
pauvres. Nouvelles voies pour l’épargne et le crédit dans le tiers monde".
Celui-ci illustre des politiques de crédit créatives, privilégiant la participation des couches défavorisées des pays du tiers monde à leur propre
développement.
En 1990, la dette du tiers monde a franchi le cap de mille trois cents
milliards de dollars. Les pays touchés sont obligés de miser sur l’exportation pour assurer le service de la dette, en réduisant par exemple leurs
dépenses dans le domaine de l’éducation et de la santé. Le déséquilibre devient à ce point criant qu’aujourd’hui le Sud verse davantage au Nord qu’il
n’en reçoit. Cela va du simple au double pour certains pays. Or des alternatives sont possibles. Et la brochure-document de Caritas présentée lundi
à la presse le démontre par des exemples. Il existe des façons judicieuses
d’emprunter, notamment lorsqu’il s’agit de financer des investissements
productifs. En permettant de plus aux paysans l’accès aux capitaux et à la
terre, en favorisant la création d’emplois ou d’entreprises.
Le dossier de Caritas Suisse souligne qu’en soi, l’endettement pourrait
ne pas être négatif, et que l’épargne et le crédit peuvent être des instruments judicieux pour un développement au bénéfice des défavorisés et des
marginalisés. Pour Caritas, qui rappelle son expérience en matière de politique de développement dans le tiers monde, des techniques modernes
d’épargne et de crédit dans ce sens ont déjà été éprouvées: "Elles ont en
partie déclenché des processus de développement décisifs" rendus possibles
grâce à des fonds de roulement. Ces derniers seraient une concrétisation
possible du fonds de contrepartie exigé par la pétition.
Cinq principes pour une idée
Cinq grands principes aptes à rendre réalisable l’idée de Caritas sont
énumérés en guise de conclusion : combiner crédits et économies dans la mesure où les prêts constituent des méthodes de financement efficaces lorsque
les emprunteurs possèdent déjà quelques économies ou apportent une contrepartie sous forme de prestation de travail; constituer des groupes d’épargnants et d’emprunteurs; allier financement et formation (éducation); subventionner la prise en charge; encourager l’épargne par des mesures appropriées.
Pour Caritas, la condition de l’octroi d’un crédit est l’engagement du
bénéficiaire à rembourser au moins une partie de son emprunt. Sachant que
leurs remboursements au fonds de roulement profiteront ensuite à d’autres
personnes.
Haro sur le petit crédit en Suisse
L’endettement du tiers monde ne constitue cependant pas la seule préoccupation de Caritas. Celui contracté par de nombreux Suisses à cause du
"petit crédit" trop facilement octroyé en est une autre. Son président, le
Conseiller national Vital Darbellay l’a rappelé lors de la conférence de
presse en insistant sur la nécessité d’une loi efficace sur le petit crédit. L’endettement privé se monte actuelllement à 7 millions de francs. De
1983 à 1989, a-t-il relevé, les demandes ont passé de 434’000 à 537’000, et
le nombre de personnes qui recourent aux assistants sociaux pour des opérations de désendettement ne cesse de croître. Ces faits, a conclu Vital
Darbellay, montrent la nécessité d’un loi sur le petit crédit. Une raison,
pour Caritas, de soutenir la motion Affolter qui vise à combler une lacune
juridique. (apic/pr)