Suisse: appel de 252 personnalités au conseiller fédéral (250589)
Berne, 25mai(APIC) La Déclaration de Berne et l’Action Place financière
Suisse-Tiers-Monde en appelent au conseiller fédéral Otto Stich, afin qu’il
s’emploie à faire accepter des solutions équitables au problème de la dette
par les ministres des finances du Club des Dix. Dans un appel lancé jeudi
25 mai, et appuyé par plus de 250 personnalités suisses du monde culturel,
religieux et politique, parmi lesquelles 32 Conseillers nationaux et aux
Etats, elles demandent "un moratoire immédiat et un accord sur l’abandon
des dettes qui entravent le développement et menacent les populations
pauvres". Elles font en outre deux propositions concrètes au Conseil
fédéral. Une concerne un moratoire sur les créances détenues par la Garantie des Risques à l’importation (GRE), l’autre se rapporte aux banques.
L’appel du jeudi 25 mai est à placer dans le cadre de la réunion que
tiendra le 2 juin prochain à Berne le Club des Dix, à l’invitation du Conseiller fédéral Otto Stich. Le Club des Dix rassemble les ministres des finances des principaux pays industrialisés. Coïncidence, cet appel intervient au lendemain de la décision prise par le président François Mitterand
lors de l’ouverture du 3e sommet francophone de Dakar, à savoir que la
France a décidé d’effacer la dette publique des 35 pays les plus pauvres à
son égard, soit 16 milliards de Ff (environ 4 milliards de Fs).
Dans leur communiqué, la Déclaration de Berne et l’Action Place Financière Suisse-Tiers-Monde rappellent notamment que le remboursement des dettes a des conséquences meurtrières dans le tiers-monde. Selon l’UNICEF,
font-elles remarquer, plus de 1000 enfants meurent chaque jour en raison de
l’hémorragie financière subie par le Sud. "Si l’on appliquait la règle en
vigueur dans notre pays, à savoir que l’on ne peut exiger le paiement à des
débiteurs au-delà du minimum vital, les remboursements exigés des pays du
tiers-monde devraient être suspendus", soulignent les auteurs de l’appel.
Selon ces derniers, d’autres raisons peuvent être évoquées à l’appui de
la suppression de dettes. Ils mettent en cause les banques et les gouvernements des pays industrialisés qui "portent une responsabilité dans la situation d’endettement"; ils relèvent à ce propos les crédits octroyés à des
projets de prestige inutiles et au commerce d’armement, l’accueil favorable
réservé aux capitaux en fuite, la politique de taux d’intérêt élevés et le
protectionisme croissant.
L’appel, remis à la chancellerie fédérale, contient en outre deux propositions faites au Conseil fédéral. Outre le moratoire sur les créances
détenues par la GRE, proposition est faite que les déductions fiscales sur
les amortissements de créances du tiers-monde ne soient accordées que dans
la mesure oû les banques diminuent d’autant leurs exigences de remboursement. (apic/pr)