Le "oui, mais..." de la FEPS et de Justice et Paix
Berne, 28avril(APIC) La Commission "Justice et Paix" de l’Eglise catholique et la Commission des questions sociales de la Fédération des Eglises
protestantes de la Suisse (FEPS), dans un document qu’elles viennent de
rendre public, disent un "oui, mais..." à l’adhésion de la Suisse au Fonds
monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale (BM). Les deux Commissions affirment que cette adhésion ne se justifie que si se manifeste à
cette occasion une claire volonté de renforcer la solidarité avec les plus
démunis. Le peuple suisse se prononcera sur cette question le 17 mai.
Examinant un certain nombre de critères éthiques en relation avec l’adhésion aux institutions de Bretton Woods, "Justice et Paix" et la Commission de la FEPS s’y déclarent favorables, tout en émettant des réserves: le
but du FMI et de la BM "est d’abord de maintenir des structures économiques
existantes". Le FMI privilégie les intérêts des créanciers et la BM prône
un modèle de développement qui accorde la primauté à l’économie. Le document souligne que l’on se trouve "en face de structures fondamentalement
injustes. (...) L’intervention du FMI et de la BM comme la coopération au
développement ont permis entre autres un appui marqué à la démocratisation,
une meilleure gestion des deniers publics et de réels progrès en matière
d’éducation et de santé, mais il reste encore beaucoup faire".
La Commission de la FEPS et la Commission "Justice et Paix" insistent
sur la notion de responsabilité qui met en cause notre mode de consommation
en Suisse également. "Cette responsabilité relève de la solidarité que nous
devons aux membres les plus faibles de la communauté humaine. Non seulement
nous ne pouvons pas bâtir notre confort au détriment d’autrui, mais surtout, notre bien-être dépend de celui des autres." Les auteurs observent
que le FMI et la BM "ont déjà fortement évolué et peuvent continuer à le
faire". Et de citer la création par la BM d’une unité "environnement" et le
financement de programmes d’aide aux populations les plus durement touchées
par les réformes économiques, ainsi que la dénonciation par le directeur du
FMI, Michel Camdessus, des dépenses improductives, telles que celles consacrées aux armements.
La Suisse a besoin des autres
Comme petit pays, la Suisse fonde une bonne partie de sa prospérité sur
les échanges internationaux, constatent les deux Commissions. Etant donné
que la Suisse collabore déjà étroitement avec les institutions de Bretton
Woods, la FEPS et "Justice et Paix" estiment que l’adhésion clarifierait
ces relations et permettrait à nos autorités politiques de les assumer. "Un
refus risque même de rendre l’action de la Suisse en faveur de la coopération au développement plus difficile s’il est compris comme une opposition
à un accroissement de cette coopération". Les auteurs sont cependant d’avis
qu’il serait illusoire de croire que la Suisse, à elle seule, en dehors des
institutions internationales, puisse susciter des transformations améliorant la situation des plus pauvres. "Si la Suisse veut apporter une contribution significative à un développement juste et durable, elle doit prendre
part aux débats qui ont lieu et aux décisions qui sont prises au niveau
mondial." (apic/com/spp/be)