Suisse: abolition de l’interdiction des casinos (190293)
s’étonne... et s’interroge sur les effets sociaux des casinos
Lausanne, 19février(APIC) La question de l’abolition de l’interdiction
des casinos en Suisse, à laquelle les citoyens suisses devront répondre le
6 mars prochain, suscite bien des interrogations. Personne n’ignore que les
caisses de l’Etat se vident... Reste à savoir si ce même Etat tire le bon
numéro en libéralisant le jeu et les mises et en développant les casinos
dans lesquels nombre de personnes y laisseront des plumes. Pour le plus
grand plaisir du fisc. Mais au grand dam des perdants... et de leurs familles. Responsable de l’Institut d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS, le pasteur vaudois Raymond de Rahm
s’interroge à son tour, puis s’étonne...
A titre personnel, le pasteur s’étonne en constatant que le débat actuel
a été mené avec une rapidité parlementaire que des causes plus délicates,
mais plus essentielles comme la révision de l’AVS ou celle de l’assurancemaladie pourraient envier. "Les arguments éthiques ont été ecartés bien
trop vite à mon goût au profit d’arguments strictement économiques"", même
si ces arguments de manquent pas d’importance, reconnaît-il.
Le responsable de l’Institut d’éthique sociale de la FEPS s’interroge
aussi sur les moyens de surveillance empêchant le recyclage d’argent frauduleux (rackets, drogues et autres commerces illégaux, capitaux en fuite...) Et sur les effets sociaux dûs à la présence de casinos dans nos villes. A ses yeux, la passion du jeu est bien autrement entretenue par une
table de roulette que par un comptoir de PMU. Pour le pasteur Raymond de
Rahm, qui précise ne pas relancer, par sa réflexion, "la traditionnelle méfiance des Eglises envers les jeux d’argent", la présence autour du casino
d’un "milieu" lié à la délinquance "est une forte probalitité et non une
simple fiction de série policière". (apic/spp/pr)