Document commun de "Justice et Paix"
et de la Commission des questions sociales de la FEPS
Berne/Lausanne, 12mai(APIC) Une politique qui favorise la paix et la justice semble la meilleure solution pour empêcher la guerre. C’est en
substance la conclusion du document sur la suppresion de l’armée suisse que
publient le 12 mai la Commission nationale suisse "Justice et Paix" et la
Commission des questions sociales de la FEPS (Fédération des Eglises protestantes de Suisse).
Ce document, intitulé : "A propos du débat sur la suppression de l’armée
suisse : quelques réflexions d’éthique sociale", rappelle tout d’abord le
texte du Synode 72 des catholiques suisses qui demandait que "notre conception de la défense soit constamment repensée". Pour les deux commissions
signataires du document, l’initiative "Pour une Suisse sans armée" est une
occasion de discuter publiquement de l’institution armée ainsi que des
alternatives possibles. D’autre part, le document prône un "débat loyal et
non discriminatoire", c’est pourquoi il se veut une base éthique à la
réflexion.
De l’avis des commissions signataires, "le vote sur l’initiative pour la
suppression de l’armée n’est pas une question qui touche un article de
foi". Par contre, les textes des Eglises contre la guerre, pour la non-violence et sur la légitime défense sont assez nombreux pour pouvoir orienter
le chrétiens. Le document les cite. L’Assemblée constitutive du Conseil oecuménique des Eglises (COE) affirmait après la Seconde Guerre mondiale :
"La guerre est contraire à la volonté de Dieu". Le Concile Vatican II (Gaudium et Spes no 79) reconnaît "un droit de légitime défense", mais l’Etat
qui se défend ne doit pas recourir à des armes de destruction massive (no
80). Le COE en 1966 affirmait que la guerre atomique dépasse tout ce qu’on
peut imaginer et qu’elle ne peut jamais instaurer la justice. En 1977, le
document "Le Saint-Siège et le désarmement" émanant de la Commission Justice et Paix fixe une limite générale à la légitime défense : "Lorsqu’il n’y
a plus proportion entre le dommage causé et les valeurs qu’on cherche à
sauvegarder, mieux vaut subir l’injustice que se défendre (militairement)."
Une chose semble certaine pour les deux commissions signataires, c’est
qu’on ne bâtit pas une paix et une sécurité durables sur les armes, mais
bien plutôt sur l’établissement, dans le monde entier, de relations de confiance garantissant plus de justice et de solidarité. "La guerre n’est pas
un moyen propre à résoudre les conflits; il faut y renoncer", considère en
conclusion les commissions signataires du document. (apic/bd)