Suisse: 20e anniversaire pour (131191)
Berne, 13novembre(APIC) Le Conseil consultatif de l’Institut d’éthique
sociale (IES) qui s’est tenu lundi 11 novembre à Berne, a marqué le 20e
anniversaire de cet organisme de la Fedération des Eglises protestantes de
Suisse (FEPS). L’occasion pour le pasteur Pierre Genton, membre du Conseil
de la FEPS, et pour le directeur de l’IES, Hans-Balz Peter, de retracer
l’historique de l’institut. Parmi les autres intervenants, le professeur
honoraire André Bieler a prononcé une conférence sur l’évolution de
l’éthique sociale dans une société en mutation. Il a plaidé en faveur d’une
économie sociale de marché avec une participation réelle des travailleurs
dans les entreprises. "Il s’agit d’harmoniser les droits du capital et du
travail", a-t-il déclaré.
Le pasteur Pierre Genton, en ouverture de séance, a rappelé le passé:
"De la période où j’étais jeune pasteur j’ai le souvenir d’une Eglise un
peu effrayée et complexée, d’un bateau à la dérive. De nos jours, 20 ans
après, j’ai l’impression que nos Eglises ont repris confiance".
Hans-Balz Peter, actuel directeur de l’Institut, a souligné qu’un
anniversaire n’est pas seulement l’occasion de se remémorer le passé, mais
aussi d’envisager l’avenir. Les motifs de la fondation de l’Institut sont
toujours actuels; ils se sont élargis du contexte social suisse à la
situation mondiale.
Plaidoyer pour une participation réelle
Dans son exposé, le professeur Bieler a commencé par décrire nos
héritages idéologiques. Après une éthique conservatrice, hiérarchique et
autoritaire, l’Occident a adopté l’éthique libertaire dont le libéralisme
économique est le fruit. Les effets moraux et sociaux pervers du
capitalisme ont engendré les révoltes populaires. Le marxiste et le fascime
proposent alors des antidotes au libéralisme.
Les Eglises sont-elles les sentinelles de la société? Pour André Bieler,
le texte de Romains 12 définit clairement le caractère de l’éthique
chrétienne: "Ne vous conformez pas au monde présent... mais soyez
transformés... afin de discerner la volonté de Dieu". Pendant longtemps les
Eglises officielles se sont malheureusement trop conformées aux valeurs
dominantes de la société. Ce sont des minorités qui ont résisté aux
idéologies totalitaires et elles ont conduit au renouveau des Eglises.
L’évolution actuelle avec la chute du communisme et la croissance de la
misère du tiers monde pose de grands défis aux Eglises.
L’hégémonie du pouvoir financier, dans l’économie bien sûr, mais aussi
dans la politique et les médias fait peser une lourde menace sur la société
Pour remédier à cela il faut passer "à la deuxième phase de la démocratie
en démocratisant l’économie, en accordant la parité des droits du travail
et du capital pour l’élection des organes de direction". Cette
démocratisation "n’a rien à voir avec l’étatisation de l’économie. Il faut
ainsi passer d’une économie de marché à une économie sociale de marché qui
incorpore elle-même ses mécanismes régulateurs en vue du bien commun". Le
pasteur a conclut en précisant: "L’un des rôles de l’ Eglise me paraît être
d’encourager ce combat pacifique pour éviter à notre société industrielle
de nouvelles aventures".
L’assemblée a encore écouté les contributions du professeur Arthur Rich et
de Mme Isabelle Chappuis pasteur à Genève.(apic/spp/mp)