Suède: Nouvelle loi pour l’Eglise de Suède (090792)
Fribourg, 9 juillet (APIC) Le parlement suédois vient de voter la nouvelle
loi qui régira l’Eglise de Suède (luthérienne) à partir du 1er janvier
1993. Il s’agit d’une compilation de tous les différents réglements et
lois. Plus de 300 édictés depuis le code ecclésiatique de 1686. Cette loi
traite, en 620 paragraphes, du fonctionnement interne de l’Eglise de Suède.
La dernière décennie a apporté de nombreux changements dans ce domaine.
Ces réformes ont doté l’Eglise de Suède d’organes de décision et d’exécution élus de manière démocratique et qui lui sont propres. La plupart de
l’autorité exercée jusqu’alors par le gouvernement leur a été déléguée.
L’influence de l’Etat a diminué et dorénavant elle ne s’exercera que par le
pouvoir législatif du parlement et par les décisions du gouvernement relatives au Fonds ecclésiatique et à la nomination de certains postes dans
l’Eglise. Les 13 évêques sont donc toujours nommés par le gouvernement. Il
faut signaler que 92 % de la population du pays appartient à l’Eglise de
Suède. La liberté de religion complète n’est reconnue en Suède que depuis
1951. Il reste deux exceptions: Le roi et le ministre des Affaires religieuses doivent appartenir à l’Eglise de Suède. Est considéré comme membre
de l’Eglise tout enfant dont un parent en est déjà membre, sauf contre-ordre dans les six semaines qui suivent la naissance. Moins de 5% des membres
pratiquent régulièrement.
Parmi les réformes récentes, les diocèses ont reçu la responsabilité de
l’emploi des ressources qui leur sont attribuées. La péréquation des revenus des paroisses se fait indépendamment de l’Etat depuis 1983. Les paroisses emploient environ 5000 pasteurs dont 600 femmes. Depuis deux ans, elles
organisent la musique et nomment les quelques 2000 musiciens. C’est un
aspect important de la vie religieuse en Suède. Depuis un an, l’enregistrement des actes d’état-civil n’est plus l’affaire de l’Eglise.
Ces réformes vont dans le sens d’une plus grande indépendance de l’Eglise. L’éventuelle séparation totale d’avec l’Etat serait envisagée par plus
de la moitié des parlementaires. Plusieurs enquêtes et un rapport detaillé
(Commission ERK, 1992) sont étudiés par les autorités concernées. L’état
des finances de l’Eglise occupe une large part du rapport. Sur les 5 milliards de couronnes (environ 1,25 milliards de francs suisses) de son budget
annuel, 4 milliards proviennent de l’impôt que l’Etat prélève auprès de
tous les contribuables (un quart pour ceux qui ne sont membres d’aucune
Eglise). Quant aux ressources propres de l’Eglise, un autre rapport présente des modèles pour leur mise en valeur. Un porte parole de l’Eglise estime
qu’il faudra environ dix ans pour un "changement de relations". A l’intérieur de l’Eglise, les sentiments face à une séparation totale d’avec l’Etat
sont très partagés. (apic/spp/ak)