Une photographie représentant la scène du péché originel et figurant des personnes LGBT est accrochée depuis le 1er décembre 2019 dans une église luthérienne de Malmö, au sud de la Suède. Le diocèse a demandé à ce qu'elle soit enlevée, parce que le serpent y est représenté par une femme transsexuelle.
Deux Adams et deux Eves s'enlacent de chaque côté de l'arbre.
La photographie de l'artiste suédoise Elisabeth Ohlson Wallin, intitulée
"Paradise", s'affiche dans l'église luthérienne Saint-Paul de Malmö
depuis le premier dimanche de l'Avent 2019. "Ma vocation a été de créer
des œuvres chrétiennes dans lesquelles les personnes LGBTQ peuvent
s'identifier", a expliqué l'artiste à l'AFP.
Mais l'œuvre d'art ne plaît pas à tout le monde. Le diocèse
luthérien local a demandé que la photo soit décrochée. Non pas à cause des
scènes homosexuelles, mais parce que le serpent y est représenté par une femme
transsexuelle. "Cela rend possible l'interprétation selon laquelle une
personne trans est mauvaise. L'Eglise suédoise ne peut absolument pas accepter
ça", a écrit le diocèse dans un communiqué du 11 décembre 2019.
Une Eglise qui ordonne les femmes depuis 1958
La pasteure de l'église Saint-Paul, Sofia Tunebro, ainsi que
l'artiste Elisabeth Ohlson Wallin, ont regretté cette décision. "Cela fait
dix ans que l'on marie des couples homosexuels et avec ce tableau, c'est un peu
comme si on accrochait une photo de mariage dans l'église", a commenté la
pasteure. Elle a en outre salué l'œuvre de l'artiste suédoise, "qui a fait
énormément pour l'intégration et la représentation (des personnes LGBTQ) dans
le monde chrétien".
L'Eglise luthérienne de Suède a été parmi les premières à
autoriser l'ordination des femmes, en 1958. Elle est elle-même dirigée depuis
2013 par Eva Brunne, une femme évêque ouvertement homosexuelle. L'Eglise a
commencé en 2009 à célébrer des mariages de personnes de même sexe. (cath.ch/afp/rz)