Stockholm, 8juin(APIC/CIP) Cinquième et dernier pays figurant au programme de la visite pastorale de Jean Paul II dans les pays scandinaves, la
Suède a accueilli jeudi matin 8 juin le pape pour l’ultime étape de son
voyage. Jean Paul II avait auparavant gagné l’aéroport militaire de Copenhague (Danemark) peu avant 9 heures. Aucun discours n’a été prononcé lors
de la cérémonie de congé.
Des cinq pays nordiques, la Suède est le plus vaste et le plus peuplé.
Parmi ses 8,4 millions d’habitants, environ 150.000 sont catholiques, pour
la plupart des étrangers (réfugiés et travailleurs immigrés) installés dans
le pays. Cette diversité de la communauté catholique a été mise en évidence
par le pape à son arrivée à Stockolm. Il a souhaité qu’elle soit "le
témoignage de l’unité et de la charité qui devrait caractériser la vie de
tous les disciples du Christ".
le pape a en outre fait part de son espoir que sa visite pastorale favorise la compréhension et l’amour fraternel entre les chrétiens suédois. Il
a rappelé "le long et riche héritage chrétien" que partagent ceux-ci, en
dépit de leurs divisions et qui doit les guider dans la recherche de
l’unité. Il a également souligné l’engagement de la Suède en faveur de la
paix, de la tolérance et de la dignité humaine.
Jean Paul II a encore évoqué le niveau de vie élevé de la Suède, un
bien-être qui, même du seul point de vue matériel, constitue un acquis important, et loué le pays pour la cause du désarmement et pour la coopération internationale. "De même, a dit le pape, les acquis de la Suède dans
les domaines de la santé, de l’éducation et de l’accueil des immigrés sont
des signes d’espoirs pour un développement et un progrès authentiques.
Après avoir rappelé que le Saint-Siège et la Suède ont établi des relations diplomatiques formelles en 1982, Jean Paul II a affirmé que la vraie
paix requiert "une constante ouverture aux valeurs éthiques et religieuses
qui sont à la base de toute activité humaine". Et de citer en conclusion
parmi ces valeurs, le respect du don à la vie et le service désintéressé
des autres, qui sont "un fondement essentiel d’une société juste et humaine".
A propos du rôle de la femme
Jean Paul II s’est ensuite rendu à la cathédrale catholique, où l’attendaient le clergé, les religieux et les membres du conseil pastoral.
Centrant son discours sur l’évangélisation, il les a exhortés à ne pas
craindre d’annoncer la Bonne Nouvelle et de ne pas désespérer de la bonté
fondamentale de l’homme: "A travers la grâce de Dieu, a-t-il déclaré, même
le coeur le plus indifférent ou le plus incrédule peut être ouvert à la
Vérité".
Le climat de liberté dont jouissent les catholiques en Suède, a poursuivi le pape, leur permet, en dépit de leur petit nombre, de participer pleinement à la vie du pays. La tâche la plus importante qu’il leur a assignée
est donc de relever le défi d’être présent dans la société suédoise, en
collaboration avec les autres chrétiens.
S’adressant aux femmes, Jean Paul II a attiré leur attention sur deux
grandes tâches. La première consiste à "donner sa pleine dignité à la vie
conjugale et à la maternité", la seconde à être attentive à la dimension
morale de la culture. "Tout cela, a-t-il poursuivi, revêt une importance
particulière à une époque où les progrès de la science et de la technologie
ne sont pas toujours inspirés et évalués par la vraie sagesse, mais offrent
plutôt la perspective odieuse de rendre la vie toujours plus déshumanisante. Par leur sensibilité particulière, les femmes peuvent contribuer grandement à la promotion du bien-être authentique de la personne, à commencer
par la valeur fondamentale de la vie humaine".
Le rôle des chrétiens dans la vie sociale
Dans l’après-midi, Jean Paul II s’est rendu au Palais des Glaces de
Stockholm, où il a célébré la messe pour les catholiques de la capitale,
ville où vivent quelque 25.000 catholiques d’une dizaine de nationalités,
dont 4.000 Suédois. Auparavant, soit en début d’après-midi, le pape avait
été reçu par le roi Carl Gustave XVI et par la famille royale, puis avait
rencontré le chef du gouvernement. Ingvar Carlsson.
Jean Paul II, qui avait tout d’abord salué le corps diplomatique, s’est
adressé aux catholiques dans leurs différentes langues. Il s’est posé en
défenseur de l’unité des chrétiens et de toute la famille humaine, en mettant d’abord en évidence que l’"amour de Dieu et du prochain est la vraie
mesure de tout développement humain". Il ne faut jamais accepter, a-t-il
dit, que les choses matérielles priment sur Dieu et sur l’être humain: "Aucune théorie, aucune proposition, aucun projet humain ne peuvent avoir leur
place au détriment de l’obéissance à Dieu et du respect d’autrui... Aucune
considération économique et technologique ne peut être la norme décisive du
traitement que nous réservons aux autres". Un principe que le pape veut
voir appliquer à toute personne humaine: l’enfant à naître, les personnes
âgées, les malades, les moribonds, les pauvres, ceux qui appartiennent à
une autre race ou culture. Pour le pape, le bien-être matériel n’a de valeur que pour autant qu’il serve le bien authentique de l’homme.
Le pape a invité les catholiques et les chrétiens en général à participer pleinement à la vie sociale, politique et culturelle du pays, ainsi
qu’à la vie économique, notamment à travers les syndicats et autres organisations de travailleurs. Une recommandation qu’il a également adressée aux
travailleurs immigrés. (apic/cip/jt/pr)