Stuttgart, 15avril(APIC) L’Association européenne de théologie catholique
(AETC), fondée le 1er décembre 1989, a tenu son premier congrès la semaine
dernière à Stuttgart-Hohenheim. Cette rencontre a réuni 270 théologiens
catholiques provenant de tous les pays d’Europe. Le programme était consacré à l’étude de la situation culturelle du continent en ces temps de changements accélérés.
Chaleureusement accueillis par Mgr Walter Kasper, évêque de Stuttgart et
de Rottenburg, les participants ont développé leur réflexion en dialogue
avec leurs collègues des sciences humaines: sociologues, philosophes et
historiens. Ils ont acccordé une attention particulière aux problèmes de
l’intégration et de la solidarité posés par l’édification de la "maison
commune européenne".
Les échanges avec des théologiens d’autres confessions et d’autres continents ont permis d’éviter le risque de repli sur l’Europe. Les intervenants ont noté l’accumulation des conflits liés à l’esprit nationaliste,
ethnocentrique ou particulariste. Pour apaiser ces tensions, il est urgent
de promouvoir une culture qui valorise la différence et la reconnaissance
d’autrui comme source d’espoir.
La chute des idéologies interpelle aussi les théologiens, elle les invite à une réflexion sur la fragilité de l’homme, ses limites et sa finitude
ainsi que sur l’histoire dans laquelle il est engagé. Les théologiens catholiques sont appelés à agir dans la société aux côtés de tout homme,
qu’il partage ou non la foi chrétienne.
Les théologiens entendent également faire droit aux exigences scientifiques de leur domaine de réflexion. La théologie a sa liberté et son caractère public, a-t-on réaffirmé à Stuttgart. Ce qui ne doit pas empêcher les
théologiens d’assumer dans l’Eglise des engagements pastoraux divers, selon
les contextes et les cultures.
Les participants souhaitent contribuer à l’élaboration de critères éthiques pour la vie sociale, le développement économique et une réponse adéquate au défi écologique.
Le congrès encourage aussi les structures de participation dans l’Eglise
et la société, tout particulièrement les formes de participation égalitaire
pour les femmes. En y contribuant, on pourra faire s’estomper la lassitude
ressentie par beaucoup face aux aspects institutionnels au profit d’un renouveau de responsabilité et d’engagement dans l’Eglise et dans la société.
Enfin les théologiens ont exprimé leur désir de conjuguer leurs efforts
"en vue de placer au coeur de la foi chrétienne celui qui la définit: Jésus
le Christ". (apic/cip/mp)