Stade de la Meinau : les jeunes d’Europe acclament le pape (091088)
Strasbourg, 9octobre(APIC/Jacques Berset) "J’aime être l’ami des jeunes,
mais comme vous le voyez je demeure un ami exigeant, parce que le Christ
est exigeant : il demande tout, il vous appelle à refuser les démagogies
complaisantes", a déclaré samedi soir Jean Paul II aux quelques 40.000 jeunes d’Europe rassemblés dans le stade de la Meinau, à Strasbourg. C’est
dans un tonnerre d’applaudissements, dans une mer de foulards multicolores,
briquets allumés, comme dans les concerts pop, que le pape a répondu aux
questions posées par un demi-millier de jeunes à l’occasion d’un jeu scénique intitulé "Tes mains pour la Terre".
Dès l’arrivée de la "papamobile", le ton est donné : de partout fusent
les "Vive le pape" et dans de nombreux endroits surgissent les banderoles
du mouvement "Communion et Liberation". Dans son discours d’accueil, Mgr
Charles Amarine Brandt, archevêque de Strasbourg, a relevé que tous les
jeunes n’ont pas pu répondre à l’invitation de leurs camarades : "Dans certains pays, leurs maîtres ne les ont pas laissés partir, la grande Europe
ouverte reste à faire".
La soif de solidarité des jeunes
"Voyageur de l’Evangile, éclaire-nous par la Parole qui vient de Dieu",
ont demandé les jeunes, au cours d’un jeu scénique qui montrait leur soif
de justice, de solidarité et de paix : "Nous venons des terres et des villes de chômage; sur tous les marchés boursiers, économiques, industriels,
nous attendons une place, nous demandons une place, juste une place...
Vois-tu, Jean Paul II, notre pape, comment ne pas perdre l’espoir et ne pas
s’évader sur les chemins de toutes les drogues ?" A plusieurs reprises, notamment quand le jeu scénique a abordé la question de la place de la femme
dans l’Eglise et la société, les problèmes de l’amour, du divorce et de la
cohabitation juvénile, et quand les jeunes ont demandé pourquoi l’Eglise
n’intervenait pas davantage dans la répartition des richesses, des sifflements nourris ont fusé de certains coins précis du stade.
Répondant à ces interpellations, le pape a déclaré qu’il n’avait pas de
réponse générale, facile, pas de remède-miracle. Il a rappelé que "Dieu ne
veut pas le mal, ni le désordre, ni l’humiliation de l’homme, ni le saccage
de la nature, ni le mépris des pauvres". Il a encore souligné que le plan
de Dieu veut le partenariat entre l’homme et la femme, et cette dernière
"ne doit jamais être réduite à un objet". Si elle a des droits égaux, et la
même dignité que l’homme, a-t-il déclaré, "on ne peut les assimiler l’un à
l’autre". Le pape a encore demandé aux jeunes d’être présents sur tous les
chantiers du monde là ou se fait la société de demain, là ou sont les enjeux de l’Europe, là ou les hommes étudient, cherchent, travaillent, peinent, souffrent..." Répondant aux jeunes sur les questions de l’amour humain, il a dit : "Si Dieu exige une fidélité totale c’est qu’elle est possible... De même qu’on ne peut vivre à l’essai, ni mourir à l’essai, on ne
peut vraiment aimer à l’essai".
On notait dans la foule la présence de quelque 200 jeunes Suisses venus
pour la plupart de Bâle, de Zurich, de Porrentruy "Collège St-Charles" et
de Fribourg. (apic/be/bd)