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    St-Gall: "Les réfugiés doivent pouvoir rentrer chez eux" (240192)

    Interview de Mgr Franc Perko, archevêque catholique de Belgrade

    Le sort peu enviable de la minorité catholique de Serbie

    St-Gall, 24 janvier(APIC) "La guerre en Yougoslavie n’est pas une guerre

    de religion, ni un conflit entre les orthodoxes serbes et l’Eglise catholique, mais un conflit entre des nations et des idéologies", a déclaré l’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Franc Perko, dans une interview à

    l’agence APIC. Il attire également l’attention sur le sort peu enviable des

    quelque 10’000 catholiques vivant dans son archidiocèse de Belgrade, au coeur de la Serbie.

    Interrogé à l’issue de la rencontre de la Commision oecuménique composée

    de hauts dignitaires des Eglises orthodoxe serbe et catholique qui s’est

    tenue à St-Gall les 22 et 23 janvier, Mgr Perko a déclaré que la discussion

    s’était déroulée "mieux que prévu". Il a qualifié l’atmosphère des consersations avec la délégation orthodoxe serbe dirigée par Mgr Amfilohije Radovic, métropolite serbe orthodoxe du Monténégro, de "très ouverte et très

    amicale", bien que les participants ne soient pas toujours tombés d’accord,

    "particulièrement sur la question des causes de la guerre".

    Les questions concrètes de la rencontre ont tourné autour du problème

    des dizaines de milliers de réfugiés des deux bords, "qui doivent pouvoir

    rentrer chez eux" et de la nécessité de reconstruire toutes les églises et

    tous les sanctuaires détruits en raison des combats en Croatie. Mgr Perko a

    souligné que tous les interlocuteurs sont tombés d’accord pour considérer

    que les problèmes ne doivent pas être résolus par la violence, mais par le

    dialogue. Les membre de la Commision ont d’ailleurs décidé de poursuivre de

    telles rencontres de dialogue le plus tôt possible dans le pays même.

    La minorité serbe de Croatie "a perdu ses privilèges"

    A propos de la minorité serbe en Croatie, Mgr Perko a déclaré que les

    Serbes pouvaient en principe vivre et travailler sans danger dans la République dont l’indépendance vient d’être reconnue. Mais les Serbes ne sont

    pas contents du nouveau statut réglant le sort des minorités, "parce qu’ils

    ont perdu par là les privilèges qu’ils avaient acquis au cours de l’histoire". Les Serbes ont ainsi l’impression que la nouvelle loi sur les minorités ne leur apportera pas la sécurité souhaitée.

    Mgr Perko - un prélat d’origine slovène âgé de 62 ans - a également évoqué les difficultés que rencontrent les quelque 10’000 catholiques de l’archidiocèse de Belgrade, capitale de la Serbie et de l’ex-Yougoslavie. Son

    archidiocèse - le plus grand diocèse de Yougoslavie - recouvre un territoire de 50’000 km2. Ces catholiques ont beaucoup de difficultés. Ainsi, des

    églises et des couvents ont été barbouillés et bombardés de cailloux, des

    prêtres et des religieuses ont été traités de "fascistes oustachis" dans la

    rue, ils reçoivent des appels téléphoniques injurieux et des lettres anonymes.

    Une atmosphère hostile à l’Eglise catholique et au Vatican se développe

    en Serbie également dans les médias, relève-t-il. Dans l’ex-Yougoslavie, à

    l’heure actuelle, les contacts entre les Républiques sont très difficiles:

    il est presque impossible de se rencontrer. A cause de la guerre, les liaisons téléphoniques entre la Serbie et la Croatie et entre la Serbie et la

    Slovénie sont coupées. La poste ne fonctionne pas non plus.

    Mgr Perko constate qu’après la chute du communisme un processus historique se dessine en direction de l’indépendance et de l’individualisation des

    nations qui, dans le passé, n’avaient aucune possisibilité de trouver leur

    identité. Cela vaut particulièrement pour l’ex-URSS, pour la Yougoslavie et

    pour la Tchécoslovaquie. En Yougoslavie, constate-t-il, cela a conduit à la

    guerre. "Dans ce sens, la rencontre à St-Gall de la Commission oecuménique

    orthodoxe serbe-catholique est un événement historique dont on tient

    également compte dans l’opinion publique yougoslave et qui portera ses

    fruits non seulement dans l’Eglise, mais aussi pour la paix entre les nations", a conclu Mgr Perko. (apic/eg/mp)

    (Propos recueillis par Evelyne Graf, APIC)

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