St-Gall: Fin de la rencontre des délégués (230192)
Ni guerre de religion ni conflit entre les Eglises catholique et orthodoxe
St-Gall, 23 janvier(APIC) En Yougoslavie, il n’y a ni guerre de religion
ni conflit entre les Eglises catholique et orthodoxe comme telles, estime
la Commission oecuménique composée de hauts dignitaires de l’Eglise orthodoxe serbe et de l’Eglise catholique yougoslave qui s’est réunie mercredi
et jeudi à St-Gall. Les évêques orthodoxes serbes et catholiques se prononcent pour une solution juste du conflit yougoslave par des moyens non-violents.
Dans un communiqué final publié jeudi, les participants à cette rencontre au sommet entre des Eglises prises dans la tourmente de la guerre civile souhaitent que l’on emploie des moyens pacifiques pour résoudre les problèmes qui se sont accumulés. Ils se prononcent en faveur de l’utilisation
exclusive de moyens non violents, les seuls qui sont en accord avec l’Evangile. Le communiqué, signé par Mgr Franc Perko, archevêque et métropolite
de Belgrade, et par Mgr Amfilohije Radovic, métropolite du Monténégro, de
Primorje et de Skadar, en appelle à tous les hommes et toutes les institutions responsables afin qu’ils trouvent des solutions justes .
Ils demandent que l’on résolve en particulier le problème posé par le
grand nombre de réfugiés en les rapatriant dans leurs lieux d’origine et
que l’on reconstruise toutes les églises et tous les sanctuaires détruits
par les combats. Comme chrétiens, les membres de la Commission se déclarent
conscients de leur responsabilité commune pour l’avenir de la foi chrétienne et le destin de leurs communautés ecclésiales dans les différentes régions, ainsi que de leur co-responsabilité pour la paix, la justice, la liberté et l’amour entre les hommes et les peuples. Les participants se sont
rencontrés dans une atmosphère de dialogue ouvert, mais ils n’ont pas toujours partagé le même point de vue sur l’analyse du conflit actuel et de
ses causes historiques, religieuses, culturelles et nationales. Ils se sont
cependant engagés à s’aider mutuellement partout où cela est possible. Ils
expriment leurs regrets face aux victimes de la guerre, quel que soit le
camp auquel elles appartiennent.
Cette réunion de hauts responsables religieux représentant des Eglises
et des peuples qui vivent un "temps dramatique" se situe dans le sillage
des deux rencontres entre le patriache Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe
serbe, et le cardinal Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb et primat de
Croatie, qui ont eu lieu l’année dernière à Sremski Karlovci et Slavonski
Brod. Les membres des deux délégations espèrent se rencontrer à nouveau le
plus vite possible, mais cette fois-ci sur le territoire de leur pays.
Les délégations orthodoxe serbe et catholique - qui répondaient à une
invitation commune lancée à la fin de l’année dernière par la Conférence
des Eglises d’Europe (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) - étaient toutes deux composées de quatre évêques et de deux
théologiens.
La délégation catholique yougoslave était emmenée par l’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Franc Perko, accompagné de l’évêque de Sibenik
(Croatie), Mgr Srecko Badurina, de l’évêque de Banja Luka (Bosnie), Franjo
Komarica, de l’évêque auxiliaire de Belgrade, Mgr Djuro Koksa, et des professeurs de théologie Anton Benvin (Rijeka) et Antun Skvorcevic (Zagreb).
La délégation de l’Eglise orthodoxe serbe était dirigée par Amfilohije Radovic, métropolite du Monténégro, assisté des évêques Athanasije Jevtic
(Banat), Lukijan Vojislav Pantelic (Slavonie), Irinej Bulovic (Backa/Serbie), ainsi que des théologiens Ignatije Midic (Belgrade) et Dragan Terzic
(Doboj/Bosnie). (apic/com/be)