Sri Lanka: la situation politique du pays rend tout plus difficile (120288)
Colombo, 12février(APIC) Le gouvernement du Sri Lanka poursuit sa politique de force pour résoudre le problème éthique et celui des groupes subversifs qui, dans les régions cinghalaises du sud principalement, s’opposent
par la force armée à la politique du gouvernement et au processus démocratique.
Dans les régions du nord et de l’est, près de 40.000 soldats de la "Indian Peace Keeping Force" (IPKF) luttent contre le groupe des tamouls militants, appelé "Tiger" (LTTE); ils n’ont pas voulu déposer les armes après
la signature de l’accord de paix Indo-Sri Lankais. D’autres petits groupes
de tamouls militants plus favorables à l’accord de paix, s’opposent eux
aussi, avec l’accord voire même avec l’aide de l’IPKF, par des actions sporadiques, à la lutte des Tigers.
La péninsule de Jaffna est sous contrôle de l’IKPF. Un contrôle strict
est effectué pour tout ce qui concerne les informations données par la
presse. On n’admet pas de journalistes sans la permission des autorités indiennes du lieu. Ces dernières réservent pratiquement ce permis aux Indiens, ce qui est critiqué par la presse du Sri Lanka qui ajoute que, lorsque les forces Sri Lankaises étaient à l’action dans la péninsule, il n’y
avait pas ce contrôle strict.
Pour se déplacer dans les environs de Jaffna, il est également nécessaire d’avoir le permis délivré par les Indiens. L’imprimerie d’un journal des
Tigers a été détruite, et les autres journaux ont cessé leur publication
par crainte de connaître les mêmes mesures. L’électricité a manqué pendant
plusieurs mois; le téléphone et le télégraphe ne fonctionnent pas depuis
près d’un an; le service postal vient seulement de reprendre.
Les ennuis ne manquent pas non plus pour l’Eglise. Le contrôle exercé
par l’IKPF constitue des obstacles; il faut y ajouter l’absence, dans ses
éléments, d’une certaine sensibilité à l’égard du personnel ecclésiastique
et des lieux de culte; chose que l’on ne trouvait pas chez les Sri Lankais.
En général, la nourriture ne manque pas: les magasins sont toujours ouverts; seul manque l’argent, car les banques sont fermées et n’ont pas
d’argent. L’Eglise s’efforce d’aider les gens en amenant des vivres de Colombo et en les distribuant à la population.
Les Universités sont fermées et les étudiants protestent pour différentes raisons; et notamment à cause de l’arrestation d’étudiants suspectés
d’appartenir au parti IVP.
C’est dans ce contexte que le président de la Conférence épiscopale, Mgr
Marcus Fernando, s’est exprimé récemment dans une lettre pastorale: "La zone de conflit s’est nettement agrandie. En plus de cette situation, il y a
le danger de perdre le contrôle de ses nerfs, de perdre l’espérance, de se
laisser aller au désespoir. Ce peut être une tentation pour les individus,
mais aussi pour la nation toute entière. Et c’est précisément le danger que
nous devons éviter et prévenir. La vertu d’espérance est une nécessité pour
ce moment. Nous demandons à présent une espérance solide, ce qui inclut de
notre part un effort pour surmonter ces difficultés, comme si tous pouvait
dépendre de nous; mais cela exige aussi de nous une confiance affectueuse
en Dieu, comme si tout dépendait de Lui. Au Sri Lanka, nous avons une raison de plus pour conserver cette confiance. Le patrimoine spirituel que
nous avons hérité doit constituer pour nous une ressource spéciale et une
force nouvelle pour ce dépassement". (apic/fds/bd)