la prostitution enfantine et le "sexe-tourisme"
"Ne vendez pas vos corps aux étrangers"
Negombo, 13 février(APIC) La prostitution enfantine se développe de manière alarmante dans le monde, en particulier dans le Sud-Est asiatique. Au
Sri Lanka, dans la célèbre station balnéaire de Negombo, on a recensé l’an
dernier près de 3’000 enfants s’adonnant à la prostitution, révèle le Père
Sunanda Wanasinghe, curé de l’église Ste-Marie de Duwa, un village de pêcheurs au sud de Negombo. L’Eglise catholique a décidé de réagir, en lançant une campagne dans cette ville qui fut un jour baptisée "la petite Rome" du Sri Lanka.
Plusieurs prêtres catholiques de cette ville située à 35 kilomètres au
nord de la capitale Colombo, ont décidé de lutter contre le fléau qui se
répand dans les stations balnéaires de la côte occidentale de l’île. La
campagne, lancée depuis bientôt deux mois, a commencée par la distribution,
à la sortie des églises, de tracts intitulés "Protégeons nos enfants" et
affirmant que "la ’petite Rome’ est devenue le ’petit enfer’ et le ’paradis
de la prostitution enfantine’".
Selon les informations diffusés par les prêtres de Negombo, les proxénètes font des profits énormes en prostituant des enfants de la ceinture côtière entre Talahena, au sud de la station balnéaire, et Poruthota, au
nord. Des garçons de 4 à 17 ans ont été kidnappés et ont fini comme "partenaires" d’homosexuels étrangers. Des groupes de jeunesses catholiques ont
placardé des posters près des plages, avec des slogans tels que "Ne vendez
pas vos corps aux étrangers" et "La ’petite Rome’ va-t-elle succomber au
sida ?". Les initiateurs ont même organisé une messe spéciale afin que Dieu
bénisse leur campagne.
A cette occasion, Mgr Malcom Ranjith, évêque auxiliaire de Colombo, a
tenu à souligner que l’Eglise catholique n’est pas opposée au tourisme qui
apporte des devises étrangères, mais dénonce ce qui met en danger la moralité. Il a déploré que certaines personnes ont une telle envie de dollars
qu’ils sont capables de tout pour satisfaire ce désir. Selon le Père Sunanda Wanasinghe, les enfants srilankais peuvent facilement gagner huit à dix
dollars en massant les étrangers qui se prélassent sur les plages. C’est
évidemment énorme comparé au salaire minimum d’un travailleur.
Suite à cette campagne, un groupe de travail pour combattre la prostitution et la propagation du sida a été mis sur pied par la police. Présidé
par Merril Gunarante, vice-inspecteur général du Grand Colombo, il est composé d’officiers de police, de membres du clergé, de médecins, de responsables de santé et de personnalités éminentes.
Une campagne internationale contre le "tourisme sexuel"
Les différentes Eglises d’Asie, avec le soutien de l’UNICEF et du Bureau
International Catholique de l’Enfance (BICE), ont également décidé de lancer une campagne mondiale échelonnée sur trois ans, appelée "End Child
Prostitution in Asian Tourism" (ECPAT), pour mettre fin à ce fléau. L’ECPAT
invite tous les pays dont les ressortissants sont impliqués dans le tourisme sexuel à mener cette campagne au plan national. Le "sexe-tourisme" et la
prostitution enfantine sont de plus en plus dénoncés par les instances internationales (ONU, Conseil de l’Europe) qui invitent les Etats à prendre
des mesures contre cette forme odieuse d’esclavage des enfants. La Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, dans son article 34, engage les Etats à empêcher ce genre d’abus dégradants. (apic/ucan/com/be)