Kandy, 15décembre(APIC) La Conférence épiscopale, la Conférence des
supérieurs majeurs et l’Union catholique du Sri Lanka ont adopté un document de dix pages dans lequel elles proposent des directives aux fidèles en
vue des élections présidentielles (19 décembre) et des élections générales
des membres du Parlement qui se dérouleront, elles, au plus tard au mois de
janvier.
Ces élections prennent un relief particulier à un moment des plus critiques pour l’histoire du pays. Les dernières élections générales remontent à
1977. "L’occasion d’élire un nouveau Parlement redonnera confiance à la
démocratie et apportera une espérance nouvelle à ceux qui en étaient animés
et qui ont eu recours à la violence armée. De nouvelles élections peuvent
susciter un renouveau de la nation", peut-on lire notamment dans le document proposé aux catholiques du Sri Lanka.
La violence est en effet devenue un mal endémique au Sri Lanka, en particulier dans les provinces situées au nord et à l’est du pays, ou les Tamils revendiquent leur autonomie politique, mais également dans le sud et
l’ouest, ou les rebelles mènent une lutte sans merci contre le gouvernement.
"Nous pensons, écrivent les évêques, que la démocratie est la meilleure
forme de gouvernement. Elle est fortement enracinée dans nos traditions nationales". Le document soumis aux fidèles n’a cependant rien d’un manifeste
politique. Il précise à ce sujet: "Les différents partis politiques se sont
engagés à préparer les programmes et les campagnes politiques. Nous sommes
convaincus, disent-ils, que ce qui nous est dit est suffisamment humain et
général pour emporter l’adhésion de chacun, indépendamment de son appartenance religieuse, de son idéologie et de ses options politiques".
Le document propose ensuite des directives à la lumière de l’enseignement de l’Eglise. Elles portent sur l’économie (libre initiative et économie ouverte, privatisation, participation de la population et des travailleurs); sur le domaine social et politique (juste distribution des biens et
des services, chômage, lutte contre la pauvreté, santé, éducation, prostitution, émigration, situation des femmes, droit de citoyennneté aux travailleurs des plantations, drogue, etc); ainsi que sur le système politique
dont les problèmes ethniques.
La pensée de l’Eglise est ainsi présentée à la nation comme "une humble
contribution des chrétiens pour assurer des élections libres et valables et
pour aider la population à réfléchir sur les défis que comportent ces élections". (apic/cip/pr)