Sri Lanka : des religieuses et un mouvement (140789)
Colombo, 14juillet(APIC) Un couvent transformé en un centre d’assistance
sociale au Sri Lanka pour venir en aide aux ouvrières de la zone franche de
Katunayaka, à 28 kilomètres au nord de Colombo, c’est la mission que s’est
donnée la communauté des soeurs de Sainte Croix ainsi que le Mouvement de
la Jeunesse Chrétienne Ouvrière (YCW)
Cette zone franche, située près de l’aéroport international de Colombo
existe depuis 1978 et emploie plus de 57’000 personnes dont 90 % sont des
jeunes femmes. Après la zone franche de Singapour, elle occupe le plus haut
taux de production en Asie. Dans cette région, les usines de vêtements ont
néanmoins le salaire moyen le plus bas avec l’équivalent de 12 centimes de
dollars par heure alors que Hong Kong et la Corée du Sud offrent respectivement 1,03 et 0,59 dollars.
Selon Soeur Clotilda, de la communauté des soeurs de Sainte Croix, les
filles ouvrières souffrent d’un horaire de plus de douze heures par jour,
doivent encore faire des heures supplémentaires et sont harcelées par les
employeurs. Les conditions dans lesquelles elles vivent sont misérables,
témoigne-t-elle avant de poursuivre : "Ces filles dorment dans des pensions
surpeuplées dépourvues d’équipements élementaires. Souvent plus de dix personnes partagent la même chambre dans des maisons de 60 à 80 pensionnaires.
Les installations sanitaires sont, par ailleurs, insuffisantes.
Le travail continu des usines empêche les soeurs d’organiser des réunions entre ouvrières. Une bibliothèque, utilisée comme centre de lecture
mais aussi comme centre de rencontre, aide à remédier à ce problème.
"Une de nos priorités est d’établir une confiance mutuelle entre nous et
les filles pour faciliter le travail, déclare Soeur Clotilda, mais la plupart d’entre elles ont peur de parler des difficultés auxquelles elles doivent faire face dans le cadre de leur travail. Elles redoudent notamment
les représailles de leurs employeurs".
Grâce à l’aide du YCW, ces filles ont aussi l’occasion de donner un
spectacle pour mettre en valeur leurs capacités créatives. Par le biais de
ce spectacle, les problèmes de la vie dans les pensions peuvent être exposés et ceci apporte un changement d’attitude de certains propriétaires.
Nanda, 28 ans, employée dans une usine de la région , est licenciée à
l’université bouddhiste. "Tant que les ouvrières n’ont pas appris à apprécier l’amour et la charité des soeurs, déclare-t-elle, elles mènent une vie
isolée, sont maltraitées et méprisées par les gens de l’extérieur. Les efforts de Soeur Clotilda pour nous conscientiser nous encouragent".
(apic/ucan/mg)