Berne, 24novembre(APIC) La Commission nationale catholique Justice et
Paix se déclare préoccupée par le conflit soudanais dans lequel est victime
une grande partie de la population de ce pays de la haute vallée du Nil.
Dans un communiqué, Justice et Paix rappele que les victimes de la guerre
civile qui déchire le Soudan depuis 5 ans se comptent par milliers. La Commission dénonce les forces armées qui détruisent tous moyens de subsitance
dans le sud du pays, base du Mouvement de libération du peuple soudanais
(MLPS).
"Quand les chrétiens viennent en aide aux réfugiés qui remontent vers le
nord par centaine de milliers, ils sont accusés de collaborer au terrorisme", déplore Justice et Paix. Or, relève-t-elle, les rapports publiés
cet été par Amnesty international parlent d’une "situation vraiment
désespérée". Ils font états de plusieurs massacres perpetrés à l’encontre
du peuple Dinka majoritaire au sud. Ce même rapport signale qu’entre mille
et deux milles d’entre eux ont été tués en août et septembre 1987 par
l’armée et des milices d’autres ethnies équipées par le gouvernement.
Selon le communiqué, les militaires ont pratiquement reçu les pleins
pouvoirs au sud, en pratiquant la politique de la terre brûlée. L’insécurité et le manque de nourriture poussent les populations locales à fuir. On
estime à 5 ou 600.000 le nombre des réfugiés dont la plupart vont s’entasser dans des camps autour de Khartoum, précise Justice et Paix.
En mai dernier, plusieurs personnalités politiques soudanaise, dont un
gouverneur, avaient accusé l’Eglise catholique "d’aider les réfugiés du sud
du Soudan à trouver refuge à Khartoum, elles avaient laissé entendre que
l’Eglise aidait ces populations dans le but de déstabiliser la capitale et
d’y créer des unités du MPLS". Ces accusations faisaient suite à la prise
de position catégorique de l’Eglise catholique locale dans laquelle elle
candamnait catégoriquement les atrocités commises par tous les groupes
armés.
Le conflit oppose le Nord, arabo-musulman, au Sud, chrétien et animiste.
Certains partis membres du gouvernement souhaitent l’introduction de la
charia (loi islamique). (apic/pr)