Soudan: protestation de l’Eglise catholique (180888)
Khartoum, 18août(APIC) "Les populations déplacées du Soudan méridional,
et celles recueillies à Khartoum ne sont pas constituées de rebelles", a
récemment affirmé Mgr Gabriel Zubeir Wako, archevêque de Khartoum. "Contrairement aux allégations du gouvevernement, ces populations déplacées
n’ont pas pour but de déstabiliser le pays", a-t-il relevé.
Les innondations catastrophiques de ces derniers temps ont fortement
aggravé la situation du Soudan. Dans les régions du sud, les réfugiés cherchent en masse un abri pour échapper non seulement aux inondations mais
aussi à la guerre civile. De longs cortèges migratoires se déplacent depuis
de longs mois en direction de la capitale, Khartoum, actuellement complètement débordée par l’ afflux de réfugiés. Selon Mgr Gabriel Zubeir Wako, la
vérité concernant ces derniers est qu’"il est impossible à ces pauvres
gens, affamés et presque moribonds qui fuient le meurtre organisé au Sud,
de s’engager dans des actes de sabotages".
Un état de dénuement lamentable
Par ces déclarations, Mgr Wako répondait aux accusations proférées par
le gouvernement qui qualifie l’Eglise catholique de complice des rebelles
sudistes. L’Eglise est notamment accusée de favoriser le déplacement des
unités combattantes du mouvement de libération "SPLA", l’Armée populaire du
Soudan-Sud qui combat le régime "nordiste" de Khartoum, sous couvert d’aide
aux populations martyres du Sud pour émigrer vers le Nord.
Selon l’archevêque de Khartoum, les populations déplacées sont dans un
état de dénuement lamentable. Dans la capitale, ils sont déjà plus d’un demi-million, et des milliers d’autres continuent d’affluer. Le prélat soudanais ajoute que ces populations sont de plus menacées d’"exploitation par
les forces de sécurité du pays".
Dans le sud du Soudan, assure Mgr Wako, l’Eglise catholique vient en aide aux populations déplacées en leur procurant des vivres et des habits.
Elle assure leur évacuation des villages menacés vers des lieux sûrs,
"alors que ces actions sont perçues comme oeuvre d’assistance aux rebelles". (apic/dia/pr)