Rome, 5février(APIC) A la veille de la visite du pape au Soudan, Hassan
Al Tourabi, considéré comme le chef des musulmans sunnites fondamentalistes
du pays a rejeté les accusations de persécutions contre les chrétiens. Dans
une interview au journal italien "Il Sabato", le chef musulman exprime en
outre sa profonde estime pour Jean Paul II et plaide en faveur du dialogue
islamo-chrétien.
Selon Al Tourabi, les chrétiens du Soudan jouissent de plus de liberté,
de dignité et d’égalité que les musulmans dans les pays chrétiens. La ’sharia’ islamique ne s’applique que dans le nord du pays. Dans le sud où le
nombre des musulmans n’est pas moindre que celui des chrétiens, elle n’est
pas en usage. Il reproche aussi à l’Eglise catholique de ne pas s’abstenir
de faire des déclarations politiques, comme le font les protestants. Les
prêtres catholiques, surtout lorsqu’il sont à l’étranger font des déclarations très négatives sur le gouvernement de Khartoum. "Il est bon que les
chefs religieux ne se mêlent pas trop des questions politiques", insiste-til.
Al Tourabi qualifie de fausses les informations selon lesquelles 20’000
soldats iraniens se trouveraient au Soudan pour lutter contre la rébellion
dans le sud. Ces nouvelles sont "totalement infondées" et ajoute-t-il,
l’ambassade d’Iran à Khartoum n’a même jamais eu d’attaché militaire.
Les informations provenant de milieux catholiques concordent par contre
pour dire que depuis l’introduction de la ’sharia’ aprés le putsch militaire de 1989, l’existence des chrétiens est menacée. Beaucoup de missionnaires ont été expulsés, des églises détruites, des paroisses dissoutes, des
écoles catholiques étatisées, des prêtres arrêtés, des croyants intimidés,
déportés et assassinés. (apic/cic/mp)