Lors de la prière de l’Angélus du 2 novembre 2025, le pape Léon XIV a confié sa douleur devant les «violences indiscriminées» contre les populations civiles du Soudan, et notamment celles de la ville d’El Fasher, la dernière grande ville du Darfour qui échappait au contrôle des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemeti. De terribles massacres y ont eu lieu fin octobre. Dans ses appels, le pape a aussi dit prier pour la Tanzanie, où de graves troubles ont éclaté dans le contexte des récentes élections présidentielles.
«C’est avec une grande douleur que je suis les tragiques nouvelles en provenance du Soudan, en particulier de la ville d’El Fasher, dans le Darfour du Nord martyrisé», a confié Léon XIV depuis la fenêtre du Palais apostolique du Vatican. «Des violences indiscriminées contre les femmes et les enfants, des attaques contre des civils sans défense et de graves obstacles à l’action humanitaire causent des souffrances inacceptables à une population déjà épuisée par de longs mois de conflits», a-t-il déploré.
La communauté internationale invitée à intervenir avec détermination
Priant pour les victimes et pour toucher le cœur des responsables, le pape a renouvelé «un appel pressant aux parties impliquées pour un cessez-le-feu et l’ouverture urgente de corridors humanitaires». Il a invité «la communauté internationale à intervenir avec détermination et générosité, afin d’offrir une assistance et de soutenir ceux qui s’efforcent de porter secours».
Après deux années de guerre civile, le Soudan a versé un peu plus dans l’horreur avec la prise d’El Fasher par les troupes paramilitaires. «Les Forces de soutien rapide (FSR) y ont imposé leur loi, après plus de 500 jours de siège, laissant derrière elles des centaines de cadavres, des hôpitaux bombardés, des familles décimées. Des témoignages crédibles évoquent des exécutions massives, des viols systématiques et des civils empêchés de fuir», décrit une note des Nations Unies.
La famine touche 24 millions de personnes
Le 29 octobre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a condamné le massacre de plus de 460 patients et patientes et des personnes les accompagnant, ainsi que l’enlèvement de six agents et agentes de santé, survenus à la maternité saoudienne d’El-Fasher.
Depuis avril 2023, une guerre oppose les forces armées soudanaises aux paramilitaires des FSR. Aucune région du pays n’est épargnée. Au Soudan, plus de 24 millions de personnes, soit 40 % de la population, n’ont pas assez à manger, indiquent encore les Nations Unies.
Le pape invite au dialogue en Tanzanie
«Prions également pour la Tanzanie, où, après les récentes élections politiques, des affrontements ont éclaté faisant de nombreuses victimes. J’invite chacun à éviter toute forme de violence et à suivre la voie du dialogue», a aussi confié le pape lors de l’Angélus.
De graves violences ont eu lieu dans le sillage des élections présidentielles et législatives de mercredi en Tanzanie. La présidente Samia Suluhu Hassan a été élue avec près de 98% des voix. Mais ses opposants rejettent l’élection, les principaux adversaires ayant été empêchés d’y participer. Un des partis de l’opposition a confié à l’AFP que les violences auraient pu provoquer jusqu’à 700 morts.
António Guterres, le secrétaire général de l’ONU s’est dit «profondément préoccupé» par la situation, notamment par les informations sur les morts et les blessés durant les manifestations. (cath.ch/imedia/hl/be)