Soudan: le génocide silencieux (210691)
Paris, 21juin(APIC) La Conférence épiscopale soudanaise lance un double
appel à l’Eglise de France pour qu’elle mette tout en oeuvre pour apporter
une aide financière et intervenir afin "que cesse la guerre entre le gouvernement soudanais au nord et les rebelles du sud pour qu’une paix juste
puisse s’instaurer". Un appel entendu et transmis vendredi au président
François Mitterrand pour demander que la France, "avec les Etats qu’elle
pourra y associer, fasse cesser ce massacre; crée les conditions d’une intervention humanitaire rapide; s’engage dans une aide substantielle auprès
des victimes de ce drame trop longtemps ignoré".
Le Soudan, le plus grand pays d’Afrique (cinq fois la superficie de la
France), "vit depuis presque trente ans le drame du génocide de ses peuples
du sud. Et la menace s’est encore précisée récemment", peut-on lire dans
l’appel adressé au président Mitterrand.
Selon Mgr Jacques David, évêque de la Rochelle, président du Conseil national de la solidarité, Le Père Bernard Housset, secrétaire national de ce
même Conseil, et 13 associations, fédérations et oeuvres catholiques d’entraide, signataires de l’appel, "une extermination est en route depuis plusieurs années. L’arme de la faim en est l’expression la plus criante".
Après avoir rappelé la résolution adoptée le 3 mai dernier à Strasbourg
par le Parlement européen jugeant la situation des victimes de la guerre
civile au Soudan "comparable à celle des Kurdes en Irak" et exigeant que
"des mesures internationales soient prises", les signataires estiment que
c’est "dans l’indifférence de la communauté internationale" que "le gouvernement soudanais nie la réalité de la famine" et considère "comme des
squatters illégaux les 2 millions de personnes déplacées et installées dans
la région de Khartoum". Selon eux, le gouvernement soudanais "bloque déliberement tous les programmes d’aide: au total, 9 millions de Soudanais
sont menacés".
Depuis plusieurs années, peut-on lire en conclusion, de nombreux programmes, dont "Save the saveable", lancé par Mgr Gabriel Zubeir Wako, archevêque de Khartoum, en faveur de 15’000 enfants déplacés se poursuit,
malgré l’instauration de la charia (loi islamique). Autour de Juba, des efforts sont entrepris pour relancer l’agriculture. Dans la zone du sud du
pays, les vivres acheminés par un pont aérien à partir du Kenya sont distribués par un consortium des Eglises catholique et protestantes auprès de
150’000 personnes. Ces programmes sont soutenus en France par les signataires de l’appel. (apic/com/pr)