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    Amnesty international dénonce les exactions

    Soudan: la famine s’étend dans le pays (280993)

    du gouvernement soudanais et des mouvements d’opposition

    Karthoum, 28septembre(APIC) Au Soudan, les attaques délibérées contre des

    civils ont transformé les régions en conflit en zones dévastées et ravagées

    par la famine, déclare Amnesty International (AI) dans un rapport publié

    mercredi. De son côté, Mgr Gassis, évêque catholique soudanais, a dénoncé

    lundi à Bruxelles les méfaits du fondamentalisme musulman dans son pays et

    dans tout le Nord de l’Afrique.

    "Près de trois millions de personnes ont été déplacées. Il ne s’agit pas

    là d’une conséquence indirecte des affrontements, mais bien de l’objectif

    des tactiques guerrières", affirme AI. Les forces gouvernementales et de

    toutes les factions du mouvement d’opposition armée connu sous le nom d’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) se sont montrées sans pitié au

    cours de leurs attaques contre la population civile".

    AI renvoie dos à dos l’actuel gouvernement militaire du Soudan qui a

    pris le pouvoir en juin 1989 et les factions de l’APLS dans leurs violations des droits de l’homme. Rares sont les soldats de l’APLS qui sont

    maintenus en détention par le gouvernement. Certains éléments portent à

    croire que ceux qui sont capturés sur le champ de bataille sont victimes

    d’exécutions extrajudiciaires, parfois après avoir été torturés et interrogés.

    Les factions de l’APLS ont commis des exactions tout aussi flagrantes et

    méprisent tout autant les principes humanitaires. Fin 1991, la faction Nasir de l’APLS, dominée par le goupe ethnique des Nuer, a massacré des milliers de civils au cours d’offensivess lancées au coeur du territoire de

    l’ethnie des Dinka. Ces derniers sont en effet considérés comme des partisans de la faction rivale Torit.

    Des dizaines de milliers de personnes en fuite

    Amnesty International appelle le gouvernement soudanais et toutes les

    factions de l’APLS à cesser d’attaquer les civils et à respecter les principes humanitaires énoncés dans les Conventions de Genève. La saison sèche

    qui va commencer dans quelques semaines, va être une période critique pour

    les droits de l’homme", a déclaré l’Organisation. Cette année, le gouvernement a lancé une offensive particulièrement tôt, et les combats ont déjà

    contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir dans le nord de

    l’Ouganda.

    Les violations des droits de l’homme sont à l’origine de la famine qui

    sévit au Soudan. Amnesty International exhorte la communauté internationale

    à "attaquer le mal à la racine en apportant des solutions au problème des

    droits de l’homme dans ce pays".

    L’appel angoissé d’un évêque soudanais

    De son côté Mgr Macram Max Gassis, évêque catholique soudanais d’El

    Obeid, a déclaré lundi à Bruxelles, lors d’une conférence de presse organisée par le mouvement Pax Christi que le fondamentalisme musulman est une

    menace pour toute l’Afrique du Nord. Il a précisé: "Il n’y a pas de guerre

    au Soudan entre chrétiens et musulmans. Il y a une minorité islamique et

    fondamentaliste qui opprime tous les Soudanais, y compris les musulmans. Ce

    fondamentalisme est pire que le communisme ou l’apartheid. Il ne menace pas

    seulement le Soudan mais plus encore ses voisins et tout le Moyen-Orient.

    Au Soudan, la pression des Etats démocratiques a peut-être encore la possibilité d’arrêter le fondamentalisme islamique. Si on laisse tomber le Soudan maintenant, il sera trop tard".

    Mgr Gassis réclame , en outre, des sanctions économiques et un embargo

    sur toutes les livraisons d’armes à Karthoum. L’Occident, ajoute-t-il, ne

    doit pas non plus fournir des armes à la résistance soudanaise. En priorité

    l’évêque d’El Obeid lance un appel pour qu’on crée au Soudan des "zones de

    sécurité" afin de sauver la population affamée, "à commencer par les enfants". Aucun motif politique, insiste l’évêque, ne peut justifier l’abandon de l’aide alimentaire. Le droit à la vie est le droit de l’homme le plus

    élémentaire. Si la communauté internationale n’est pas d’accord de défendre

    ce droit, où allons-nous?". (apic/com/cip/ba)

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