Soudan: après le changement de régime (110789)
Vienne, 11juillet(APIC) Le nouveau gouvernement militaire au Soudan a des
chances d’arriver à une pacification du pays, estime Mgr Macram Max Gassis,
evêque catholique d’Ed Obeid, qui était récemment de passage à Vienne. Selon lui, les nouvelles autorités militaires du Soudan "ont de meilleurs
contacts avec l’Armée de libération du peuple Soudanais (ALPS) que Saddik
el Mahdi, le chef du gouvernement renversé", a déclaré Mgr Gassis.
Mgr Gassis, qui est à la tête du plus grand diocèse du Soudan pense que
le nouveau pouvoir en place est mieux à même que le précédent pour faire
aboutir les efforts de paix. "En tout cas, a-t-il relevé, l’Eglise ne peut
que soutenir de toutes ses forces chaque pas fait en direction de la paix.
L’Eglise attend aussi du nouveau gouvernement une amélioration substantielle de la situation des chrétiens au Soudan. Le nouveau régime a d’ailleurs
l’intention d’abolir prochainement la trop célèbre législation islamique,
la ’Charia", a révélé Mgr Gassis.
Ce dernier rappelle en outre que, dans le passé, les chrétiens du Soudan
ont beaucoup souffert de l’application généralisée de la loi islamique, car
la "Charia", dit-il, a souvent servi de prétexte aux musulmans pour obtenir
des privilèges contre les autres groupes religieux. Aussi le premier pas en
faveur de la paix devrait être, aux yeux de l’évêque, d’instaurer une loi
juste pour toutes les régions du pays, et devant laquelle toutes les religions soient sur pied d’égalité.
Selon Mgr Gassis, "l’ancien Premier ministre soudanais a trompé l’Eglise: il s’est comporté en apôtre de l’islamisation du pays". Il avait notamment promis à l’Eglise catholique de ne pas étendre l’application de la
"Charia" aux chrétiens.
Toujours la famine
La situation actuelle dans le diocèse de Mgr Gassis reste préoccupante.
La sécheresse tenace empêche tout ravitaillement de la population en eau.
La famine continue de tuer. Quant à l’approvisionnement des populations qui
souffrent de la faim dans l’ouest du pays, l’aide internationale y pourvoit
en principe, mais avec les pires difficultés, à cause des combats permanents qui opposent les milices pro-arabes et les guérilleros de l’ALPS.
Au nord du pays, enfin, l’Eglise s’efforce, en collaboration avec des
organisations d’aide internationale, de mettre sur pied des centres d’accueil pour les réfugiés du sud. (apic/cip/pr)