"Christian Solidarty international" dénonce la barbarie (210892)
Nairobi, 21août(APIC) 250’000 personnes sont enfermées sans vivres dans
la ville de Juba au sud du Soudan. Les environs de la ville ont été minés
par les troupes gouvernementales. C’est ce que rapporte une délégation de
Christian Solidarity international (CSI), conduite par la Baronne Caroline
Cox et John Eibner de Nairobi, dans un communiqué diffusé jeudi.
L’évêque Nathaniel Garang, président du nouveau Conseil des Eglises du
sud Soudan a appelé les Nations Unies à sauver les personnes enfermées à
Juba: "Ils sont de véritables otages des troupes gouvernementales. L’aéroport est fermé et ainsi les secours ne peuvent pas arriver. Ils vivent dans
les églises et dans le stade de football. Les alentours de la ville sont
minés, ainsi personne ne peut s’éloigner. Les autorités de la ville affirment qu’ainsi les habitants n’ont plus d’un mois à vivre."
CSI appelle le gouvernment de Khartoum à permettre l’évacution immédiate
des civils enfermés à Juba et à rendre possible l’aide humanitaire pour
tous, indépendamment des questions de religions ou d’appartenance tribale.
La délégation de CSI qui est arrivée jeudi en Suisse, a visité des camps
de réfugiés, des hôpitaux et des communautés ecclésiales à Waat, Nimule,
Aswa et Atepi, dans une région sous le contrôle de l’armée populaire de libération du Soudan (APLS) opposée au gouvernement. La délégation s’est aussi informée sur la situation dans les camps de réfugiés de Lokichiggio et
Kakuma au Kenya.
Dans les camps de Aswa et d’Atepti, plus de 200’000 personnes vivent en
plein air, sans assistance médicale. Il n’y a pas de vêtements, pratiquement pas d’eau et les réserves de vivres sont presque épuisées. A Aswa,
neuf personnes ont été victimes des crocodiles. L’hôpital local qui compte
60 lits accueille actuellement 260 malades. Les gens gisent sur le sol sans
soins médicaux. Les médicaments et les anesthésiques manquent. A Atepi, six
ou sept réfugiés, surtout des enfants, meurent de faim chaque jour.
Un représentant des Nations Unies a expliqué à la délégation de CSI que
la situation au nord du pays était encore pire. Pour les gens déportés dans
le désert, il n’existe pratiquement plus aucune possibilité d’aide. Des
chefs religieux de la région montagneuse de Nuba rapportent la destruction
de nombreux villages et la crucifixion de chrétiens par les troupes gouvernementales. (apic/com/mp)