Sondage sur l’état présent du catholicisme en Valais (090191)
Sion, 9janvier(APIC) L’enquête de l’Institut Link réalisée à la demande
du Renouveau Rhodanien sur ’L’état présent du catholicisme en Valais’
"n’est rien d’autre qu’une photographie de la situation actuelle de la pratique religieuse en Valais", a affirmé mercredi à l’agence APIC Joseph Pellegrini, mandaté par le Renouveau Rhodanien pour commander auprès de l’institut lausannois le sondage en question. A l’évêché de Sion, Mgr Schwery
étudie les résultats de cette enquête avant de faire une déclaration officielle.
Du côté du séminaire d’Ecône, on se félicite que les résultats de cette
enquête confirment les thèses du mouvement traditionaliste. Reste que ce
sondage a été commandé non par Ecône, mais par le Renouveau Rhodanien alors
que ce mouvement a semble-t-il cessé d’exister, aux dires d’un ancien membre.
Selon J. Pellegrini, derrière ce sondage, laissant entendre que la pratique religieuse s’effondre en Valais et que la morale catholique est sérieusement contestée, "il ne faut chercher aucune arrière-pensée, contrairement à ce que la presse l’a laissé entendre".
Ce sondage, publié sous forme de brochure (48 pages), indique notamment
que 73 % des Valaisans romands approuvent la contraception, que 37 % seulement estiment que le pape fait autorité en matière de moeurs et que 35 %
des catholiques valaisans assistent chaque semaine à la messe dominicale
(chiffre qui tombe à 17 % chez les 25-34 ans). Ces résultats ont effectivement surpris plus d’un observateur de la réalité religieuse valaisanne.
Tout le monde cependant n’a pas été étonné par ces mauvais scores.
Ecône affirme que ses thèses sont confirmées
Selon une déclaration du chargé de presse du séminaire intégriste d’Ecône, l’abbé Jean-Marc Rulleau, ce sondage "confirme nos analyses sur les
conséquences désastreuses du Concile". Et l’abbé Rulleau d’affirmer: "Ce
n’est pas nous qui avons provoqué ce sondage ni ces résultats pour confirmer nos thèses. Je ne sais pas quelles sont les intentions du Renouveau
Rhodanien avec cette initiative, mais c’est un fait que cela pourrait nous
rendre service".
Le Renouveau Rhodanien avait fait parler de lui dans les années 80 en
organisant à Sion divers débats et conférences, dont certaines controversées. Après plusieurs années de silence, il réapparaît aujourd’hui en publiant la brochure sur le catholicisme en Valais. Pourtant, admet René
Berthod, ancien membre du Renouveau Rhodanien, "nous avons cessé d’exister:
ce groupe a été actif à une certaine époque. Nous n’avions pas d’organisation propre comme la plupart des sociétés qui s’organisent avec une structure (président, vice-président, secrétaire, caissier). C’était ce qu’on
peut appeler un collectif... des amis qui se rencontraient pour organiser
essentiellement des conférences. Les gens qui en faisaient partie s’affirmaient catholiques".
Pourquoi cette réapparition subite du Renouveau Rhodanien et pourquoi ce
sondage? Qui a décidé de le réactiver et qui en est membre? "J’ai servi
d’intermédiaire pour commander l’étude auprès de l’Institut Link après
avoir été mandaté par le Renouveau Rhodanien. Je ne suis pas autorisé à
donner les noms des personnes qui m’ont sollicité", déclare Joseph Pellegrini. Il admet que le Renouveau Rhodanien n’a plus d’activités: "Il a eu
cette activité là, c’est tout. Des amis se sont retrouvés un jour en se
disant qu’il serait intéressant d’avoir à nouveau une photographie de la
pratique religieuse en Valais par rapport à l’étude réalisée en 1958".
Les membres du Renouveau Rhodanien entendent donc garder l’anonymat?
"Oui, absolument. Le groupement n’existe plus. Seul le nom existe et il appartient aux personnes qui l’ont constitué à l’époque et qui ne se réunissent plus aujourd’hui", relève encore M. Pellegrini. Questionné sur les
buts de cette enquête et sur le financement, ce dernier relève qu’il ne
faut pas voir autre chose qu’une photographie de la pratique religieuse.
"Notre but n’est pas de dire aux gens qu’il faut faire ceci ou cela. Une
enquête n’est pas là pour dire ce qu’ils doivent faire, il y a des autorités dans l’Eglise, il y a un pape, des évêques, etc. C’est à eux de prendre
les mesures qui s’imposent. Nous avons tout simplement cotisé ensemble pour
payer cette enquête et sa publication. On a mis de notre poche, sans aide
de l’extérieur", conclut Joseph Pellegrini.
Du côté de l’évêché de Sion, on attend d’étudier l’enquête en question
avant de se prononcer, mais, relève Henri Bérard, vicaire épiscopal, "on
sent bien, c’est sous-jacent, qu’il y a une thèse qu’on veut prouver: pratiquement la catéchèse actuelle, la liturgie actuelle et l’évangéisation
actuelle ont fait fiasco". (apic/pr)