Les Américains ne comprennent rien à l’Afrique
Rome, 7juillet(APIC) On ne viendra pas à bout de la crise somalienne par
la force, mais bien par le dialogue, et en y associant les notables des
différents clans, estime "L’Osservatore Romano". Le quotidien du Vatican
n’est pas tendre pour les Américains, leur reprochant de "méconnaître la
réalité africaine, si complexe, changeante au gré des alliances".
Dans un article publié à la une de son édition de mardi, "L’Osservatore
Romano écrit qu’il est "absurde" de croire que la rupture et le procès du
général Aidid, le chef de l’Alliance nationale somalienne, facilitera la
solution de la crise somalienne. Ce qu’il faut, dit-il, c’est "ouvrir un
dialogue avec les notables du sous-clan Habre Ghedir (ndr: la tribu d’Aidid) et leur faire comprendre que le moment est venu de déposer les armes
et d’entamer des initiatives de paix concrètes avec les chefs des quatorze
autres factions".
Le journal s’insurge contre la méthode préconisée par les Américains:
"Tirer à bout portant sur des femmes, des enfants et des vieillards, cela
ne sert qu’à alimenter la haine, en ignorant la mentalité de tant de
peuplades. C’est un point de vue qui guide constamment les opérations des
troupes italiennes qui, en toute circonstance, ont fait et continuent à
faire preuve d’une connaissance approfondie de la psychologie somalienne.
Affirmer que "le commandement UNOSOM (forces de l’ONU en Somalie) marche
bien tel qu’il est", comme le fait l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU,
Madame Madeleine Albright, c’est méconnaître la réalité africaine, si complexe, changeante au gré des alliances".
"L’Osservatore Romano cite encore le général italien Luigi Calligaris,
professeur à l’école de guerre italienne: "L’utilisation de troupes du
tiers monde qui, il faut le dire, même avec respect, ne sont pas préparées
à la besogne, constitue une offense aux Somaliens, qui ne supportent point
d’être humiliés par ceux qu’ils considèrent comme inférieurs".
La note se termine sur une considération amère: "Les hommes du président
intérimaire Ali Mahdi, chef du Congrès de l’Unité somalienne, qui
appartient au sous-clan Abgal, se tiennent en marge en espérant qu’INOSOM 2
parviendra à capturer Aidid, leur ennemi juré, pour faire la loi à leur
tour dans la capitale". (apic/cip/pr)