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    Depuis plus d’un siècle pour offrir gîte et repas chauds

    Solidarité à Paris avec la Mie de Pain (130194)

    Paris, 13janvier(APIC) La Mie de Pain accueille chaque hiver à Paris ceux

    dont on ne veut nulle part. Pour le bonheur des sans domicile fixe (SDF) et

    de ceux qui les servent. Sans conditions ni questions préalables, la Mie de

    Pain leur ouvre ses portes du 1er novembre au 15 avril. Ils peuvent dîner,

    dormir, y prendre le petit-déjeuner et se faire soigner. L’hiver dernier,

    plus de 100’000 repas chauds ont été servis, soit 20% de plus qu’un an auparavant, estime le bulletin "Paris Notre-Dame".

    L’accueil de la Mie de Pain ne date pas d’hier. A l’origine, un petit

    patronage d’une dizaine d’enfants animé par Paulin Enfert, modeste employé

    chrétien. En 1889, le patronage Saint-Joseph de la Maison-Blanche compte

    déjà 300 enfants. Des visites aux vieillards du quartier s’organisent. Le

    rude hiver de 1891 sonne l’alarme chez une douzaine de jeunes, membres de

    la Conférence St-Vincent de Paul. La collecte de nourriture auprès des commerçants ou ailleurs va suivre, permettant ainsi d’offrire les premiers repas que servent des apprentis, des écoliers et étudiants catholiques. Cent

    ans plus tard, cette tradition est plus vivante que jamais.

    "Avoir un repas chaud et dormir sans être inquiété ni par le froid ni

    par les bleus (réd: gardiens de la paix), c’est le principal", dit William,

    50 ans, le visage marqué par près de dix ans de vie dans la rue. Récemment

    des "collègues" lui ont dérobé ses papiers et un peu d’argent. Après avoir

    "perdu" sa femme - elle a mis la clef sous la porte une nuit sans prévenir

    - et son emploi chez Renault, il a rejoint un cirque comme monteur de chapiteau, avant de se retrouver à nouveau au chômage. Chaque hiver, William

    revient à la Mie de Pain pour trouver gîte et couvert.

    Jean-Marie, 23 ans, travaille comme déménageur. Ancien chauffeur poids

    lourds, il a été licencié. "Avec moins de 500 francs français (environ 125

    fr.s) par mois, impossible de se loger: où trouver trois mois d’avance de

    loyer? Alors je viens ici pour manger et dormir".

    Un autre regard

    Des réalités très différentes que dissimule un seul sigle: SDF. "Nous

    accueillons ceux dont on ne veut plus nulle part", dit Pierre Meunier, directeur de l’oeuvre. Un vestiaire gratuit, une boîte postale, une aide administrative et un suivi des dossiers RMI sont assurés toute l’année.

    Les jeunes ne sont pas oubliés à la Mie de Pain, chaque dimanche soir,

    plusieurs d’entre-eux se retrouvent ainsi pour participer à des activités

    mises en place il y a une dizaine d’années maintenant et sous la conduite

    d’un aumônier. Deux jeunes filles de 17 et 16 ans témoignent: "Nous n’avons

    pas souvent l’occasion de rencontrer des gens différents. Cela nous permet

    de sortir de notre petite bourgeoisie... on se rend compte de ce qui se

    passe dehors". (apic/pnd/gd/pr)

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