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    La liberté d’expression est appliquée au détriment des chrétiens

    Soleure: Mgr Koch demande une meilleure protection des religions

    Soleure, 29 juin 2006 (Apic) La protection efficace des communautés religieuses n’est plus assurée en Suisse. La politique et l’Etat doivent donc établir des règles en vue de protéger les convictions religieuses contre les blasphèmes et de garantir la liberté d’expression publique des religions. C’est ce qu’affirme dans les bulletins paroissiaux de juillet de son diocèse Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle.

    Ces règlements deviennent d’autant plus nécessaires du fait que si la paix religieuse n’est pas mise en danger, c’est parce que ceux qui sont touchés dans leurs sentiments religieux par des caricatures et la satire ont tendance à se taire et à respecter la loi. Celle-ci doit donc les protéger, estime l’évêque.

    Mgr Koch cite deux exemples. L’an dernier, une caricature parue dans le quotidien romand "Le Temps" montre la dépouille du pape Jean Paul II sous un crucifix. A côté, on voit une foule de fidèles, certains munis de caméras, qui se recueillent devant le défunt pape. Jésus crucifié s’adresse aux fidèles: "Ca ne vous dérange pas que j’existe?". Un lecteur s’est plaint au Conseil suisse de la presse, affirmant que cette caricature insultait les chrétiens et les gens cultivés. Le Conseil de la presse a rejeté la plainte, affirmant que la liberté de la satire et de la caricature ne devait pas être limitée par les interdits religieux et que la sensibilité particulière des milieux les plus orthodoxes n’était pas à prendre en compte.

    Autre exemple: cette année, l’entreprise CAT Medien a voulu diffuser un spot publicitaire TV de 15 secondes pour ses revues religieuses "Sonntag" et "Leben und Glauben". Cela lui a été interdit par l’Office fédéral de la communication, sous couvert du maintien de la paix religieuse. Il a été explicitement affirmé à CAT Medien que l’interdiction de publicité religieuse constituait une restriction acceptable de la liberté d’expression.

    "Absurde et grotesque"

    Ces deux exemples démontrent, selon l’évêque de Bâle, "l’absurdité et la façon grotesque avec lesquels est traitée la liberté d’expression en Suisse, en particulier en lien avec la religion". Il est possible d’offenser publiquement les chrétiens au nom de la liberté d’expression et de blesser leurs sentiments religieux. Mais les chrétiens eux-mêmes ne peuvent pas faire de la publicité pour leurs productions. Ainsi, estime Mgr Koch, c’est envers les chrétiens que la liberté d’expression est le plus limitée.

    Ce qui est le plus étonnant dans ces affaires, selon l’évêque de Bâle, c’est qu’aucun recours ne peut être déposé, autant contre la décision du Conseil de la presse que contre celle de l’Office fédéral de la communication. Toutes deux sont définitives, "du fait qu’elles sont apparemment infaillibles, ou comme on disait autrefois: Roma locuta - causa finita" (Rome a parlé - l’affaire est close). (apic/gs/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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