Sofia, 3juin(APIC) L’Eglise orthodoxe bulgare est en bonne voie pour résoudre le schisme qui divise l’épiscopat depuis un an. Les manifestations
du peuple croyant en faveur d’une réconciliation générale, l’intervention
des autres Eglises orthodoxes, notamment du patriarcat oecuménique, en faveur du respect des règles canoniques et l’attitude apaisante du nouveau
gouvernement bulgare permettent d’espérer un prochain dénouement, indique
la dernière édition du "Bulletin d’information du diocèse orthodoxe bulgare
en Europe centrale et occidentale". Seul le P. Christophore Sabev, ancien
chef de file de la dissidence religieuse à l’époque communiste, camperait
toujours sur ses positions.
De sources bulgares, on souligne que la chute du gouvernement Filip Dmitrov, en novembre dernier, a clairement révélé la nature politique de ce
conflit, préparé et entretenu par les responsables du Comité gouvernemental
pour les Affaires religieuses. Depuis l’installation de la nouvelle équipe
gouvernementale à Sofia, les six évêques qui avaient formé un contre-synode
après être entrés en dissidence, ont perdu tout soutien officiel et semblent maintenant prêts à revenir dans la juridiction canonique du patriarche Maxime dont ils contestaient jusqu’à présent la légitimité.
Attitude intransigeante
Le cas le plus extrême est constitué par le P. Christophore Sabev qui,
après avoir été ordonné évêque par les métropolites dissidents, a rompu
toutes relations avec eux et s’est isolé dans une attitude intransigeante.
Le 26 janvier dernier, réunissant à Plovdiv un "tribunal ecclésiastique"
composé de 13 prêtres et de deux laïcs sympathisants, il a lancé l’anathème
contre les métropolites qui l’avaient ordonné, les accusant de collaboration avec l’ancien régime communiste, ainsi que contre les membres de la
hiérarchie restée loyale au patriarche Maxime auxquels il reproche maintenant d’avoir fait intervenir le patriarcat oecuménique dans les affaires
internes de l’Eglise bulgare.
Report de la réunion du concile
Parallèlement, plusieurs voix à l’intérieur de l’Eglise se sont fait entendre en faveur du repentir et de la réconciliation. L’Association des
prêtres de Bulgarie a adressé une demande en ce sens, tandis que les étudiants du séminaire de théologie orthodoxe de Sofia et le Mouvement de la
jeunesse orthodoxe Saint-Euthyme ont organisé conjointement des "marches
pour la paix" à travers le pays. Par ailleurs, afin de ne pas présumer des
initiatives de réconciliation, les responsables du patriarcat de Bulgarie
ont pris la décision de reporter temporairement la réunion du concile de
l’Eglise bulgare qui devait se tenir en mai de cette année.
C’est en mars 1992 qu’un groupe d’évêques minoritaires, demandant la
destitution du patriarche Maxime de Bulgarie en raison de son attitude complaisante vis-à-vis du régime communiste, s’est constitué en un "contresynode". Soutenu par certains dirigeants politiques bulgares, ce contresynode n’a été reconnu par aucune Eglise orthodoxe ni par le clergé et les
fidèles de l’Eglise bulgare qui, dans leur très grande majorité, sont restés en communion avec le patriarche. Au cours de l’année écoulée, des incidents graves ont à plusieurs reprises opposé partisans et adversaires de ce
"contre-synode" qui tentait d’occuper par la force certains bâtiments officiels du patriarcat de Bulgarie. (apic/sop/cb)