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    dans les pays d’Europe centrale et de l’Est

    Sofia: le sort des enfants abandonnés

    17 pays mettent au point des stratégies communes

    Paris, 13octobre(APIC) Quelles sont les solutions pour pallier l’abandon

    d’enfants en Europe centrale et orientale? Pour tenter de répondre à cette

    question, des représentants de 17 pays de l’ancien bloc communiste se sont

    réunis dernièrement à Sofia, la capitale bulgare. Le Bureau international

    catholique de l’enfance (BICE), Défense des enfants international, l’UNICEF

    et le Service social international étaient les initiateurs de la rencontre.

    Solidarité et partenariat Est-Ouest ont été les points forts de la discussion.

    Pour François Ruegg, du BICE, ce séminaire est une double première: il a

    d’une part réussi à rassembler autour de la cause de l’enfant 17 pays européens que les circonstances actuelles poussent à s’ignorer, voire à s’affronter, et d’autre part, c’est la première fois que des organisations non

    gouvernementales et des représentants des gouvernements se rencontrent pour

    mettre au point des stratégies communes à partir des principes de la Convention des droits de l’enfant.

    Zola et Gorki au quotidien

    Pour Robert Vitillo, de Caritas internationalis, l’extrême misère, les

    programmes d’ajustement structurel, la dégradation de l’environnement et

    l’habitude du recours à l’Etat-providence sont les principales causes des

    abandons d’enfants. Selon Georges Berton, du BICE, ces causes font que les

    familles ou les femmes seules abandonnent leurs enfants aux institutions

    parce qu’ils sont handicapés (parfois des suites de la catastrophe

    nucléaire de Tchernobyl), parce qu’elles ne peuvent pas les nourrir ou encore à cause d’une pression sociale si forte qu’une femme célibataire ne

    peut pas élever son enfant dans son village. A cela s’ajoute le manque de

    qualification du personnel d’encadrement dans les grandes institutions qui

    recueillent ces enfants.

    La première mesure de lutte est la modification de la législation afin

    de protéger les enfants des conséquences tragiques: exploitation sexuelle,

    travail forcé, voire prélèvement d’organes. Mais il faut aussi gérer l’urgence. En Roumanie par exemple, on comptait en mai 1992 8’100 enfants de

    moins de 3 ans dans 60 pouponnières, 29’000 enfants de 8 à 13 ans placés et

    54’300 handicapés. En Pologne, 98’000 enfants sont en placement extra-familial, dont 40’000 handicapés, répartis dans 593 établissements. A Varsovie,

    des orphelinats regroupent jusqu’à 200 enfants.

    De fait tout en étant en situation légale, ces enfants sont le plus

    souvent pratiquement abandonnés. Beaucoup d’abandons ont lieu à la maternité ou dans la rue. En Pologne, le nombre des infanticides serait en augmentation.

    En Roumanie, on compte quelques 6’000 enfants de rues dont 1’000 à Bucarest, fugueurs, mendiants ou membres de bandes organisées. Les enfants tziganes ne font pas partie de cette catégorie, car même s’ils vivent souvent

    dans les rues, ils appartiennent à des familles.

    Trouver des solutions pour l’insertion sociale des enfants abandonnés

    doit être une des tâches prioritaires des Etats, estiment les participants

    à la rencontre. Le placement familial peut être une alternative au placement institutionnel dans des orphelinats. L’aide aux familles en détresse

    constitue une deuxième phase nécessaire. "Si dans un premier temps, elle

    côute plus cher que le placement en institution, ensuite le rapport s’inverse", témoigne David Tobis, de l’UNICEF à partir de l’expérience de New

    York. La nécessité de diversifier les formes d’aide se fait aussi ressentir, il ne faut pas se contenter d’une aide strictement caritative mais

    travailler avec les organisations et associations locales. Les solutions se

    trouvent dans un véritable partenariat entre l’Est et l’Ouest.

    A Sofia, un certain nombre de pas ont été faits dans cette direction:

    honte, timidité, chauvinisme ont été dépassés pour mettre à nu les causes

    immédiates de l’abandon des enfants. Il faut maintenant travailler à changer les mentalités, notamment grâce aux médias. Le droit de l’enfant à

    l’information exige aussi qu’on dise la vérité à leur sujet. (apic/ecl/mp)

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