Slovénie: La Conférence épiscopale rappelle aux prêtres (310190)
Mgr Sustar, ancien vicaire épiscopal de Coire, contre le chauvinisme
Ljubljana, 31janvier(APIC) Alors que la Yougoslavie est en proie à la
fièvre nationaliste qui menace de faire éclater le pays, la Conférence
épiscopale régionale de Slovénie - la république la plus prospère et la
plus libérale de la Fédération - rappelle dans une déclaration l’interdiction faite aux prêtres et aux religieux de figurer comme candidats sur une
liste électorale.
Pour sa part, l’évêque de la capitale slovène, Mgr Alojzij Sustar,
ancien vicaire épiscopal du diocèse de Coire, met en garde contre tout
chauvinisme nationaliste et se montre réservé face au séparatisme slovène.
Dans une interview accordée à l’agence catholique "Kathpress", l’évêque de
Ljubljana souhaite une attitude d’ouverture face aux autres peuples de la
Yougoslavie.
S’intéresser à la politique, un devoir de tous les chrétiens
"Tous les chrétiens ont dans notre société le droit et le devoir de
s’intéresser à la vie politique et d’y participer", écrivent les évêques
slovènes. Mais ils rappellent que "l’activité politique dans le sens étroit
du terme - c’est-à-dire dans les partis et les mouvements, dans la préparation des élections - n’est qu’une tâche des laïcs chrétiens". Par conséquent, soulignent-ils, un prêtre ou un religieux ne peut être candidat sur
une liste électorale d’aucun parti. Il n’est pas non plus permis "d’intervenir dans les événements politiques au sens étroit du terme pendant la liturgie dans l’église; le devoir des prêtres est l’annonce de l’Evangile,
les principes d’éthique et les droits et les devoirs de l’homme qui sont le
fondement de l’activité politique", conclut la Conférence épiscopale régionale de Slovénie.
Pleine autonomie pour la Slovénie au sein de la Fédération
Quant à Mgr Sustar, s’il ne croit pas à l’effondrement de la Yougoslavie, ni ne la souhaite, il se déclare cependant partisan décidé de la pleine autonomie pour la Slovénie au sein de la Fédération. L’évêque de
Ljubljana pense que les aspirations actuelles à une indépendance totale de
la Slovénie sont une "illusion". En raison des développements historiques,
souligne-t-il, l’Eglise catholique en Slovénie et en Croatie, comme l’Eglise orthodoxe en Serbie, vivent en symbiose avec le peuple, et les deux
Eglises ont contribué de manière essentielle à forger l’identité nationale
de ces peuples, et à préserver leur langue et leur culture. Il y a par conséquent en Yougoslavie une forte identification entre nation et confession,
bien que, concède-t-il, cela soit moins le cas aujourd’hui que dans le passé, notamment pour la Slovénie et la Croatie.
Le nationalisme, une menace sur l’oecuménisme
Le nationalisme exacerbé qui sévit actuellement dans le pays, note Mgr
Sustar, représente une menace pour les relations oecuméniques et a des effets négatifs sur les rapports entre la Conférence épiscopale catholique de
Yougoslavie et le Patriarcat serbe-orthodoxe à Belgrade. "L’an passé, certaines choses se sont passées qui ont envenimé les rapports entre les orthodoxes et l’Eglise catholique, mais personne n’a intérêt à ce que cela se
détériore encore", affirme-t-il. Il regrette que la réception des communautés religieuses organisée par les autorités slovènes a été "boycottée" par
les orthodoxes. Cependant, reconnaît-il, l’Eglise orthodoxe à Belgrade a
invité l’Eglise catholique aux célébrations en l’honneur de Saint Sava, et
cela montre à ses yeux qu’il y a différents courants dans cette Eglise.
(apic/kpr/be)