"Une situation extrêmement tendue"
Ljubljana, 27juin(APIC) Mgr Alojzij Sustar, archevêque de Ljubljana, a
lancé jeudi un appel à la solidarité face à la progression des blindés de
l’armée fédérale yougoslave en direction de la capitale de la Slovénie, République qui s’est proclamée indépendante mardi soir en même temps que la
Croatie. Estimant la situation "extrêmement tendue et critique", Mgr Sustar, s’adressant à la population de Slovénie, a lancé un appel urgent à la
prière et à la modération.
Dans une interview accordée jeudi à l’agence APIC, Mgr Sustar a déclaré
que l’intervention de l’armée fédérale est tout à fait injustifiée, d’autant plus que le Parlement slovène, tout en adoptant la déclaration d’indépendance, s’est déclaré prêt à de nouvelles négociations et a déjà désigné
une délégation. Même si l’on ne déplorait jusqu’alors que peu de blessés,
la situation devenait jeudi après-midi de plus en plus critique, la population ayant dressé des barricades pour empêcher la progression des blindés
de l’armée fédérale.
Mauvaise information de l’opinion publique occidentale
L’archevêque de Ljubljana déplore qu’en Europe occidentale les catholiques, et l’opinion publique en général, soient mal informés sur la situation en Yougoslavie et ainsi ne peuvent pas se faire une idée objective de
ce qui s’y passe réellement. Il a encore une fois souligné la position de
l’Eglise catholique en Slovénie : elle se déclare pour l’indépendance, mais
refuse l’utilisation de la violence et rejette le nationalisme et le chauvinisme.
Mgr Sustar a participé mercredi soir à la gigantesque manifestation pour
l’indépendance qui s’est déroulée dans le centre de Ljubljana et à laquelle
des dizaines de milliers de personnes ont pris part. Après le discours du
président slovène Milan Kucan, le prélat a béni le symbole du nouveau pays
indépendant, un tilleul que l’on venait de planter. De son côté, la Commission "Justice et Paix" de la Conférence des évêques de Slovénie a lancé un
appel aux gouvernements étrangers et à l’opinion publique internationale,
afin de ne rien entreprendre qui puisse apparaître comme un soutien de
l’intervention violente de l’armée fédérale yougoslave en Slovénie. La Commission épiscopale "craint le pire" si l’intervention armée du gouvernement
de Belgrade devait se poursuivre. (apic/kap/kna/be)