New York, 5 mars(APIC) le cardinal Jan Korec, président de la Conférence
épiscopale régionale de Slovaquie a pris la défense, lors d’une conférence
de presse à New York, de Jozef Tiso, prêtre catholique qui fut le président
de la Slovaquie contrôlée par Hitler entre 1939 et 1945. Sous son gouvernement dès 1942 plusieurs dizaines de milliers de juifs ont été livrés à
l’Allemagne nazie. Des 90’000 juifs de Slovaquie 75’000 ont ainsi perdu la
vie. Les évêques de Slovaquie ne veulent pas pas préjuger, des recherches
qu’une commission indépendante d’historiens mène actuellement sur l’oeuvre
de Jozef Tiso. Mais contre les accusations arbitraires, un série de faits
historiques peuvent être mis en avant pour sa défense.
Jozef Tiso a voulu faire cesser les déportations dès 1942 quand il a expérimenté que quelque chose ne jouait pas dans l’argumentation des nazis
qui prétendait que les juifs étaient envoyés au travail. En 1944 Jozef Tiso
a du se plier sous la pression d’Hitler. Selon les mots de Korec, "Jozef
Tiso n’était pas en mesure d’empêcher le nazis d’atteindre ce qu’ils voulaient en Slovaquie. Il a même voulu deux fois se retirer de la présidence,
mais il a été prié par les représentants des organisations juives eux-mêmes
faire de conserver sa fonction, car ils craignaient que la situation n’empire encore sous l’autorité d’un autre".
Mgr Korec déplore que pendant 40 ans il n’a pas été possible de rechercher la vérité sur Jozef Tiso et que "même maintenant que nous vivons en
liberté la vérité sur Tiso ne peut pas être exprimée à haute voix". Il doute que des historiens formés à l’héritage communiste puissent entreprendre
une recherche objective. Une chose paraît sûre cependant c’est qu’en Slovaquie la paix ne pourra pas s’installer tant que cette question n’aura pas
définitivement été éclaircie.
Le cardianl Korec s’est rendu aux Etat-Unis du 20 février au 4 mars
pour y visiter les communautés slovaques. A propos de l’indépendance de la
Slovaquie, il n’a cependant pas voulu prendre de position officielle. La
question de l’indépendance doit être discuté au parlement et tranchée par
une votatioon populaire. "Le droit d’autodétermination des peuples existe
du pôle nord au pôle sud et est donc valable aussi pour la Slovaquie", a-til précisé. (apic/cic/mp)