Slovaquie: l’évêque licencie ses journalistes (220493)
Sion, 22avril(APIC) Le rédacteur en chef de l’important hebdomadaire catholique slovaque "Katolicke Noviny", à Bratislava, Jozef Zavarsky, ainsi
que son collègue Tomas Oravec, viennent d’être abruptement licenciés par
leur employeur, l’évêque auxiliaire Peter Dubovsky, jésuite, président de
la maison éditrice St-Adalbert. Le Conseil de l’Union catholique international de la presse (UCIP), réuni du 19 au 23 avril à Sion, en Suisse, a
exprimé son inquiétude "pour l’avenir de la liberté de la presse catholique
dans les pays de l’ancien bloc communiste".
Selon des témoignages de collègues d’Europe centrale et orientale, une
"mentalité de bunker" se développe au niveau episcopal dans certains de ces
pays. De nombreux évêques considèrent encore les moyens de communication
d’une façon "pré-conciliaire", ignorant les documents produits ces dernières décennies par l’Eglise universelle, qui ménagent un certain espace pour
l’opinion publique au sein de l’Eglise.
Jozef Zavarsky et Tomas Oravec ont été licenciés après la parution dans
"Katolicke Noviny" d’opinions diverses concernant la pièce de théâtre "La
Mère de Jésus", du dramaturge russe A. M. Volodin, dont une adaptation pour
la télévision slovaque a soulevé des vagues parmi les croyants du pays.
La FIJC, la Fédération internationale des journalistes catholiques de
l’UCIP, a décidé d’intervenir en faveur des deux journalistes licenciés
"sans préavis et sans respect du droit de la personne". "Il serait navrant
que ce soit des autorités ecclésiales, peu de temps après la chute d’un régime dictatorial, qui se conforment à l’esprit du monde, au lieu de donner
l’exemple d’un dialogue constructif et d’une ouverture au respect de la liberté et de la dignité du journaliste, dans l’esprit de l’instruction pastorale ’Aetatis novae’", a déploré le Père jésuite Albert Longchamp, rédacteur en chef de "L’Echo Illustré" à Genève et président de la FIJC.
Les journalistes catholiques d’Europe occidentale ont également déploré
"les attaques violentes et injustifiées" portées contre eux par certain de
leurs collègues catholiques croates, accusant les médias catholiques occidentaux d’être "victimes de la propagande serbe, voire d’être de connivence
avec Belgrade". Du côté croate, on reproche aux journalistes catholiques
des attitudes de "Ponce Pilate", mettant sur le même pied agresseurs et
victimes. Les discussions suscitées par de telles interventions ont rendu
attentif les participants à la nécessité d’être plus prudent encore face
aux informations en provenance de régions en guerre, chaque partie en conflit essayant d’instrumentaliser les moyens de communication sociale.
(apic/be/pr)