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    Slovaquie:

    Bratislava, 27juin(APIC) Après la Tchéquie a mi-mai, la Slovaquie recevra

    le pape du 30 juin au 3 juillet. Cette visite de quatre jours au programme

    assez léger comprendra sept étapes et sept discours principaux. Comme en

    République tchèque, le point culminant de la visite sera une canonisation:

    Celle des trois "martyrs de Kosice" torturés à mort en 1619 pour avoir refusé d’embrasser le calvinisme. Si le pape est attendu avec ferveur par les

    catholiques, l’enthousiasme et l’euphorie populaire de la visite de 1991 à

    Prague après la Révolution de velours est largement retombé.

    Le pape arrivera vendredi à Bratislava dans un pays ou la tension est

    assez vive, sur le front économique et social mais aussi politique et religieux. Poussée par le parti nationaliste de Vladimir Meciar, la Slovaquie

    s’est définitivement détachée de la Tchéquie le 1er janvier 1993. L’héritage économique de la partition est demeurée pesant. Si l’inflation a été

    maintenu dans des limites tolérables, le salaire réel a diminué de manière

    sensible tandis que le chômage dépasse la barre des 14%. Si la situation

    est plus difficile qu’en Tchéquie, les Slovaques la savent cependant enviable par rapport à leur voisin de l’Est l’Ukraine. A titre d’illustration,

    un Autrichien travaille trois minutes pour acheter un litre d’essence, un

    Slovaque doit travailler deux heures et un Ukrainien deux jour pour obtenir

    cette même quantité de carburant.

    Sur le plan politique le climat est très crispé, entre les partis nationalistes et populistes, se réclamant parfois ouvertement de l’Etat slovaque

    de Mgr Tiso, satellite des nazis entre 1939 et 1944 et l’opposition principalement démocrate chrétienne. En prenant publiquement parti au mois de mai

    pour le président Michal Kovac contre Vladimir Meciar, les évêques ont provoqué de vives réactions qui sont allées jusqu’aux menaces d’attentats à la

    bombe. Jean Paul II recevant le 4 juin le premier ambassadeur de Slovaquie

    auprès du Saint-Siège, a parlé d’une "phase délicate de transition".

    Les relations entre l’Etat slovaque et l’Eglise ne sont pas au beau fixe

    et on attend du côté des évêques de voir rétablir un régime d’équité et de

    pleine légalité. Les lois concernant la restitution de biens ecclésiastiques et l’enseignement de la religion dans les écoles sont sous toit. La

    présence de l’Eglise dans les hôpitaux, les écoles supérieures, les prisons, les casernes, les médias et le monde de la culture n’est cependant

    pas encore résolue. L’Eglise ne demande pas de privilège, soulignent les

    évêques mais entendent contribuer à la renaissance du pays.

    Malgré ces tensions, l’Etat slovaque tient beaucoup à la visite de Jean

    Paul II. Vladimir Meciar s’est rendu le 20 avril au Vatican où il a rencontré Jean Paul II. Pour son voyage de Bratislava à Kosice le pape s’est vu

    offrir l’usage d’un Tupolev flambant neuf, fleuron de la compagnie nationale nationale slovaque. Les mesures de sécurité ont été particulièrement

    renforcées.

    Sur le plan interne l’Eglise connaît un réel renouveau. Il suffit de

    voir les nombreuses églises et chapelles qui se contruisent dans le pays,

    souvent grace à un soutien direct des immigrés pour s’en convaincre. 40 ans

    de communisme ont cependant profondément marqué le pays. Le clergé est majoritairement âgé et peine à assimiler les changements. La délicate

    question des prêtres clandestins mariés à qui l’on a proposé de travailler

    dans l’église comme diacre permanent n’est pas totalement résolue. Certains

    ont accepté le marché, d’autres ne sont pas annoncés ou ont refusé. Aux

    yeux de Mgr Dominik Hrusvoky, responsable de la commission pour la visite

    du pape, la venue de Jean Paul II doit être un encouragement contre la résignation de ceux qui pensent que "c’était mieux sous les communistes".

    Autre point délicat, celui des relations oecuméniques. Ainsi la canonisation des "martyrs de Kosice" n’a pas manqué de susciter une certaine irritation des communautés protestantes. Les Evangéliques ont annoncé leur

    intention d’organiser la veille une sorte de contre-manifestation en souvenir des 24 victimes protestantes du "Tribunal sanglant de Presov" condamnées en 1687 lors de la Contre-Réforme. L’évêque luthérien Julius Filo, président du Conseil oecuménique de Slovaquie s’est ouvert de ces difficultés

    oecuméniques dans une lettre ouverte au pape le 30 mars dernier.

    Comme à son habitude, Jean Paul II fera une étape dans un sanctuaire marial en l’occurence celui de Levoca. Un lieu chargé de symboles puisque

    sous la dictature communiste des milliers de pélerins s’y rassemblaient règulièrement. En 1991 un demi-million de personnes y convergèrent pour le

    plus important pèlerinage de l’histoire de la Slovaquie.

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