Sixième jour du voyage du pape en Pologne (060691)
ne tend nullement à se substituer à l’Etat
Olsztyn, 6juin(APIC) Le pape Jean Paul II a commencé la sixième journée
de son voyage en Pologne par la visite d’un hôpital pédiatrique à Olsztyn,
une ville située au nord-est du pays. Une messe célébrée dans la cathédrale, puis une rencontre avec le laïcat de cette même ville, un déplacement
en fin de journée dans la ville de Wloclawek, à quelque 140 kilomètres de
Varsovie pour y rencontrer le monde de l’éducation figuraient jeudi au programme du pape. Le thème des rapports entre l’Eglise et l’Etat, sujet brûlant en Pologne, a fait l’objet d’une attention particulière. Pour Jean
Paul II, qui répondait aux craintes et aux critiques, l’Eglise ne tend nullement à se substituer à l’Etat.
Dans son discours prononcé à l’hôpital pédiatrique, le pape a rappelé la
joie de Jésus en rencontrant les enfants. Vers 10 heures, le pape a célébré
une messe dans le stade de la même ville. L’occasion pour lui d’évoquer le
huitième commandement "Tu ne porteras pas de faux témoignage". Il a observé
que la Pologne ne connaît plus le Bureau de la censure et que les opinions
les plus diverses peuvent maintenant être publiquement exprimées.
Jean Paul II a cependant précisé que la liberté d’expression ne sert à
rien si la parole exprimée n’est pas libre, "si elle est bridée par l’égocentrisme, par le mensonge, par le piège et peut-être aussi par la haine ou
par le mépris pour les autres, ceux qui sont différents en raison de la nationalité, de la religion ou des opinions". Pour le pape, "notre parole
doit être libre, elle doit exprimer notre liberté intérieure. Alors seulement la parole de l’homme devient un instrument de la vérité".
L’Eglise n’est liée à aucun système politique
Dans l’après-midi, le pape a rencontré le laïcat dans la cathédrale d’
Olsztyn. Durant l’entretien qu’il a eu, Jean Paul II est revenu sur le problème des rapports entre l’Etat et l’Eglise, un thème très actuel en Pologne, où certains trouvent que l’Eglise a trop d’influence dans la vie politique. Le pape a relevé qu’il y a des gens en Pologne qui expriment des
critiques, "comme si l’Eglise tendait à la domination et menaçait l’autonomie légitime des divers secteurs de la vie sociale et de l’Etat".
A ce propos, Jean Paul II a cité le Concile Vatican II, en particulier
le document "Gaudium et Spes" en disant que l’Eglise, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté
politique et n’est liée à aucun système politique. Il a ajouté que "la communauté politique et l’Eglise sont indépendantes et autonomes l’une de
l’autre dans leur propre domaine". Le pape a en outre expliqué que l’Eglise
désire participer à la vie des sociétés, mais seulement comme témoin de
l’Evangile et que les tendances à s’emparer de n’importe quel secteur de la
vie publique qui n’appartiendrait pas à elle lui sont étrangères".
Le rôle de l’école
Poursuivant sa visite pastorale, le pape s’est rendu dans la soirée à
Wloclawek, dans le centre du pays, à quelque 140 kilomètres de Varsovie, où
il est arrivé peu après 18 heures. Dans cette ville qui connut beaucoup de
victimes au cours de la seconde guerre mondiale, le pape a rencontré le
monde de l’éducation. Le pape a rappelé qu’après la libération l’école
était "un terrain de luttes idéologiques, un lieu de laïcisation et de contrastes entre l’enseignement officiel de l’Etat et ce que resentait la nation, ce que désirait la famille moyenne polonaise, spécialement la famille
croyante".
S’agissant de l’éducation religieuse, Jean Paul II a observé que la catéchèse fondamentale avait eu lieu pendant de nombreuses années en-dehors
de l’école. Aujourd’hui, a dit le pape, la catéchèse est à nouveau une réalité dans les écoles polonaises. La réintroduction de la religion dans les
écoles a été critiquée en Pologne parce qu’elle s’est faite sans aucune
discussion parlementaire.
Le pape a encore relevé dans son discours que l’enseignement religieux
mérite d’être considéré comme "une contribution primaire à la construction
d’une Europe fondée sur ce patrimoine de culture chrétienne commun aux peuples de l’Ouest et de l’Est européen". Et le pape de conclure: "L’école
doit exclure tout monopole qui contredit les droits naturels de l’homme, le
développement et la divulgation de la culture, la convivialité pacifique
des citoyens et aussi le pluralisme qui existe aujourd’hui dans un très
grand nombre de sociétés". (apic/jt/pr)