Réaffirmer l’intangibilité de la vie humaine de la conception à la mort
Sion. 28octobre(APIC) "Si tu veux la paix protège la vie", "Tout être humain a droit à la vie. Tous les autres droits s’arrêtent devant celui-là".
Ces deux phrases, la première de Jean Paul II, la seconde de Jean Lacourt,
affichées dans la salle de la Matze, à Sion, dimanche 27 octobre, résument
à elles seules l’esprit dans lequel s’est déroulé le 20e anniversaire de
la section valaisanne de "Oui à la vie". Journée de réflexion, dimanche à
Sion, pour cet anniversaire qui a débuté par une messe présidée par le cardinal Schwery, et qui s’est achevé par l’Assemblée générale de "Oui à la
vie" Valais. Une assemblée durant laquelle Jean-François Gross, procureur
du Bas-Valais, a été appelé à la vice-présidence du mouvement.
Placé sous le patronage du cardinal Henri Schwery, évêque de Sion, cet
anniversaire, célébré en présence des autorités civiles et juridiques du
canton du Valais, a permis aux quelque 500 personnes présentes de s’interroger, par le biais de trois conférences, sur la génétique moderne, l’handicapé et l’euthanasie. Mais aussi, pour les participants, de réaffirmer
l’intangibilité de la vie humaine de la conception à la mort dans une société où la technique sert trop souvent la mort.
C’est un homme à la fois convaincu et plein d’humour que les participants ont découvert en la personne du professeur français Jérôme Lejeune,
généticien et membre de l’Académie pontificale des sciences, invité à s’exprimer sur "La génétique moderne: espoirs et inquiétudes". Le conférencier
a porté sur la génétique le regard du croyant qu’il est, abordant ses différents aspects à la lumière des sept dons de l’Esprit. Partant d’une constatation: "c’est au moment où les connaissances biologiques sont les plus
avancées que l’obscurantisme gagne les esprits", il a montré combien l’agir
chrétien en génétique, le seul digne de l’homme, prévient les dérapages
dans le domaine.
La génétique à la lumière des dons de l’Esprit
Pour le professeur Lejeune, le généticien doit commencer par s’interroger sur le pourquoi de son action: c’est la sagesse, qui doit guider le
praticien. Ce dernier doit aussi faire preuve d’intelligence, ne pas étouffer la vérité: la vie humaine débute à la conception et tout être humain
est irremplaçable, a affirmé le conférencier, s’appuyant sur les connaissances médicales actuelles. Un généticien responsable doit être animé par
la prudence, qui lui interdit d’user des techniques modernes à des fins
dangereuses. La force lui permettra d’affirmer que "les lois votées légalement ne définissent pas la réalité", la force de l’esprit dépassant celle
des lois. La science lui apprendra que congeler des embryons surnuméraires
n’arrête pas la vie, mais ne fait que suspendre le temps.
Enfin, a relevé le professeur Lejeune, la piété lui enseignera le respect pour ses procréateurs et ses descendants et sa crainte sera celle
d’imaginer que l’homme utilise la technologie pour satisfaire son égoïsme,
à l’encontre des dons de l’Esprit: "Il ne faut pas craindre la technique,
mais Dieu. Si vous craignez Dieu, vous n’aurez pas à craindre la technologie".
Respecter la vie humaine dans toutes ses dimensions
Marie-Hélène Mathieu, dans un exposé intitulé "La personne handicapée,
son appel à la vie, sa vocation dans notre société", a lancé une mise en
garde contre la mentalité ambiante: "Ce qui est légal n’est pas forcément
moral". La fondatrice avec Jean Vanier du mouvement international "Foi et
lumière" et secrétaire de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH)
a évoqué les conséquences de la loi sur l’avortement votée en France en
1975 et redit la valeur de la personne handicapée et la responsabilité de
chacun dans son intégration.
Pour la conférencière, l’enfant handicapé est capable d’une relation
souvent profonde avec l’autre, qu’il rejoint au-delà des apparences, et
d’une authentique relation avec Dieu, dans une foi simple et naturelle.
Marie-Hélène Mathieu a dit sa conviction qu’"il y a toujours quelque chose
à faire" en face d’un handicap, si profond soit-il, et que la rencontre
avec la personne handicapée "nous fait accepter nos propres limites".
Le chanoine Edouard Zumofen, de l’abbaye de Saint-Maurice, a tenté, dans
un exposé sur "L’euthanasie: pour ou contre la dignité de la personne humaine?", de dégager une attitude chrétienne face à la mort. Il faut avant
tout refuser l’euthanasie et l’acharnement thérapeutique, car "notre rôle
n’est ni de tuer ni de prolonger la souffrance". En revanche, a affirmé le
conférencier, il faut recourir aux soins palliatifs pour "calmer efficacement la douleur", et dans quelques cas aller jusqu’à des analgésiques qui
privent le patient de toute sa conscience. Enfin il faut, surtout lorsque
le savoir-faire trouve sa limite, un savoir-être qui privilégie la qualité
du temps donné au malade sur sa quantité.
Jean-François Gross nouveau vice-président
Journée de réflexion, journée de célébration aussi que cet anniversaire
qui a débuté par une messe animée musicalement et chorégraphiquement par
les Jeunes de Lourdes et présidée par le cardinal Schwery. L’occasion pour
celui-ci d’inviter chacun, à la suite de Pierre, à "justifier son espérance
devant ceux qui lui en demandent compte"; de rappeler aussi que la défense
de la vie a des fondements théologiques et qu’elle est un appel à vivre
toujours plus intensément les vertus de foi, d’espérance et de charité.
L’Assemblée générale de "Oui à la vie" Valais, qui s’est tenue en fin de
journée, a entériné la démission du docteur Antoine Nussbaumer de la viceprésidence et désigné pour lui succéder Jean-François Gross, procureur du
Bas-Valais. (apic/id/pr)