Des jeunes sur les traces du Christ
Sion, 20avril(APIC/Geneviève Cornet) La place de la Planta à Sion profite
des premiers rayons du soleil printanier en cette après-midi du Vendredi
Saint. Le spectacle qui s’offre au yeux du promeneur ne laisse pas d’étonner. D’un côté, comme chaque vendredi, les étals des marchands, de l’autre,
quelques centaines de personnes réunies autour d’une grande croix de bois.
Regards curieux, amusés, incrédules des passants surpris par ce rassemblement peu ordinaire. Au pied de la croix, une vingtaine de jeunes qui ont
choisi, comme quelque 300 camarades du diocèse, de vivre ensemble la montée
vers Pâques pour découvrir et témoigner qu’à travers la résurrection du
Christ, la vie est plus forte que la mort.
La croix de bois est portée à travers la ville, dans la circulation et
le bruit, jusque sur la colline de Valère. Dieu présent au coeur de la cité, qui ne se laisse pas enfermer dans les murs des églises, Dieu qui se
dit au grand jour. A Sion comme en treize autres endroits du diocèse, autant de montées vers Pâques, autant d’occasion offertes aux jeunes pour
vivre intensément le triduum pascal. Les formes sont variées et diverses
signes de vitalité de l’Eglise. Mais tous les participants n’ont qu’un but:
être des jeunes heureux de croire et de dire leur foi.
Cheminer avec le Christ
"Pas besoin de ticket pour embarquer. Laisse ta raison sur ton paillasson, ça pourrait te gêner pour voyager. Pas besoin de papiers d’identité.
Il suffit de dire ton prénom; il suffit d’emporter de quoi chanter." Quelle
meilleure invitation que celle des jeunes de Saillon, Leytron, Chamoson,
Riddes et Saxon. Chacun a été accueilli en frère, en compagnon de route.
Pour vivre quatre jours pas comme les autres. Forts de l’encouragement de
l’éveque de Sion, le cardinal Schwery, les jeunes sont partis sur ce chemin
de souffrance et de joie, de découverte émerveillée de la folie de l’Amour
de Dieu pour chacun et de la certitude que l’Amour est plus fort que la
mort.
La révélation d’un amour fou
Première étape, Jeudi-Saint, dernier repas de Jésus avec ses disciples.
Redécouverte de l’Amour infini de Dieu pour chacun à travers un geste d’une
simplicité désarmante: le lavement des pieds. Appel à reconnaître sa pauvreté et à se donner tout entier à la suite de Jésus. La table eucharistique
devient alors lieu de rencontre et de partage où Dieu se donne.
Vendredi-Saint, le temps des questions, le temps de la souffrance. Célébrations pénitentielles et chemin de croix, permettent de s’interroger sur
ce qui étouffe la vie: erreur, détresse, doute, tristesse, offense, discorde, abandon, haine, mort. Tout cela est déposé au pied de la croix de ce
Jésus qui a "brisé sa carrière de roi" pour sauver tous les hommes. A Saillon, à Sion ou à Sierre diverses façons aussi de vivre le chemin de la
croix en traversant la cité ou en communiant avec les opprimés d’Amérique
latine à travers les propositions de l’Action de Carême.
Samedi Saint, jour du silence de la terre, Jésus est enseveli, tout semble terminé. Témoignages, réflexion sur les symboles de l’eau et du feu,
activités manuelles, préparation de la veillée occupent la journée.
Veillée pascale, nuit "où l’obscurité se transforme en lumière". Partout
la joie est grande, particulièrment à Martigny où les jeunes accompagnent
au baptême huit catéchumènes.
Pâques, la pierre est roulée, les portes s’ouvrent. Les barrières qui
devaient nous protéger de l’intrusion des autres volent en éclat. C’est le
temps de l’accueil et de la fraternité. A Sion les petits de "l’éveil à la
foi" sont reçus par l’évêque avant de se diperser dans les jardins de
l’évêché pour une course aux oeufs. La joie de Pâques éclate dans les
coeurs. (apic/cor/mp)
Encadré
Pour la troisième année consécutive, une montée vers Pâques "différente"
était offerte aux jeunes: vivre le triduum pascal avec des handicapés mentaux adultes. Si l’expérience déroute au début, elle se révèle très enrichissante pour ceux qui y participent. Entourés d’éducateurs et de stagiaires, 24 handicapés de divers homes valaisans ont vécu cette année la montée
vers Pâques à Ayent. Répartis en deux groupes, ils ont participé aux célébrations de la Semaine Sainte dans les paroisses d’Ayent et d’Arbaz.
Puzzles pour les différentes étapes de la Cène, chemin de croix en plein
air avec une grande croix portée par les participants, jeu de piste pour
décvouvrir les symboles de la veillée pascale, mime sur le texte de l’Exode, les idées n’ont pas manqué aux responsables pour animer ces quatre
jours.
Au fil des heures et des rencontres, l’entraide et l’amitié l’ont emporté sur la crainte et le jugement, chacun s’est découvert pauvre, capable
d’accueillir l’autre, de voir dans la différence une richesse à découvrir
et à partager. Les jeunes sont repartis chez eux habités par ces rencontres. Les visages des handicapés ne les quitteront plus. (apic/id/mp)